Monsanto préoccupée par les réactions du public

4 mai 2001 – Harcelé par les organisations non gouvernementales (ONG), le numéro 1 du transgénique a dû faire marche arrière. Aujourd’hui, il veut les associer à ses projets. C’est du moins ce que laisse entendre cette multinationale américaine. La compagnie a mis en place un comité consultatif des biotechnologies, qui donnera un avis franc sur les recherches menées par la compagnie. Ainsi, les dirigeants de Monsanto entendent démontrer qu’ils ont bien retenu les leçons infligées par les ONG. Principale cible des adversaires des organismes génétiquement modifiés (OGM), le groupe agrochimique s’efforce désormais de nouer le dialogue. Pour tenter de rassurer le consommateur, il a défini une charte d’éthique : dialogue ouvert à tous, transparence de l’information, respect des croyances et des différences culturelles, partage des connaissances avec les pays en développement et prise en compte de la protection de l’environnement.

Il faut dire que les ONG ont donné du fil à retordre à Monsanto et aux autres fabricants de semences transgéniques. En Europe, Bruxelles avait autorisé l’importation et la culture de maïs et de soya transgéniques : les manifestations de Greenpeace et des Amis de la Terre ont abouti à un moratoire de fait. Greenpeace-Allemagne s’est servi d’Internet pour mobiliser 100 000 personnes, transformées en « détectives génétiques », traquant la présence d’OGM dans les produits vendus par les supermarchés. Au Brésil, alors que le gouvernement Cardoso est favorable aux OGM, l’Institut de défense des consommateurs et Greenpeace ont réussi depuis deux ans à bloquer toutes les autorisations devant les tribunaux.

Depuis leur introduction, en 1996, les plantes génétiquement modifiées occupent actuellement 44 millions d’hectares dans le monde. Ces surfaces sont concentrées dans trois pays : États-Unis (30 millions d’hectares), Argentine (10 millions) et Canada (3 millions), et ce, même si aux États-Unis, 58 % des consommateurs se disent aujourd’hui hostiles aux aliments transgéniques.

Source : Bioclip volume 9, numéro 17

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Monsanto

http://www.monsanto.com/

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