Néonics : pas nécessaires sur 100 % des superficies

Dans la plupart des champs en grandes cultures au Québec, l’usage des néonicotinoïdes en traitement de semences n’est pas nécessaire. Il procure au mieux une augmentation de rendement peu significative. C’est la conclusion à laquelle en arrive la biologiste-entomologiste du CÉROM Geneviève Labrie, au terme d’une analyse de résultats d’essais et de dépistages au Québec.

« Les traitements de semence peuvent être utiles dans des contextes très spécifiques, a-t-elle confié en entrevue, mais c’est certain qu’on n’a pas besoin de les utiliser de façon systématique au Québec. »

Genevieve Labrie

Geneviève Labrie, du CÉROM

La semaine dernière, Geneviève Labrie présentait son analyse aux membres de l’Ordre des agronomes du Québec.

Les néonicotinoïdes utilisés en traitement de semence sont des insecticides, a-t-elle rappelé. Chez nous, ils ciblent principalement quatre ravageurs des semis.

Puceron du soya

Les infestations de puceron du soya ont beaucoup diminué ces dernières années, vraisemblablement en raison de l’action d’ennemis naturels. De plus, au Québec, les infestations surviennent trop tard en saison pour que les néonicotinoïdes servent à les combattre.

Mouche des semis

Il n’y a pas de seuil d’intervention établi pour cet insecte au Québec. Des dépistages réalisés en 2014 et 2015 ont démontré qu’en sa présence, il n’y avait pas de dommages significatifs aux cultures.

Vers fil de fer

Vers fil de fer

Vers fil-de-fer

DE 2011 à 2015, des dépistages ont eu lieu sur 594 sites. Le seuil d’intervention a été dépassé dans 11,6 % des cas. On retrouve le vers fil-de-fer dans les sols organiques (terres noires). Il est absent des sols argileux et les populations sont très basses en Montérégie Est et Ouest.

« Nous savons qu’après deux années en soya, il y a très peu de vers fil-de-fer, a indiqué Geneviève Labrie. Nous allons maintenant analyser dans quels contextes on aurait besoin d’utiliser des traitements de semence (pour prévenir les dommages au maïs par le vers fil-de-fer). Ce pourrait être lié au précédent cultural, au type de travail de sol, au type de sol ou au pourcentage de matière organique. »

Hanneton (vers blanc)

Sur 28 sites dépistés en 2014 et 2015, le seuil d’intervention n’a jamais été atteint.

Les rendements?

Sur l’ensemble des essais comparatifs (avec et sans traitements de semence) analysés par Geneviève Labrie, la hausse de rendement dans les parcelles ayant reçu un traitement de semence était « marginalement significative ». En moyenne, les rendements étaient de moins de 100 kg/ha plus élevés. Ces résultats seraient semblables à ceux obtenus en Ontario.

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