Nouvelles recommandations concernant l’apport en fer

Toronto (Ontario), 11 janvier 2001 – De nouvelles recommandations concernant l’apport en fer ont été émises le 9 janvier 2001 et démontrent l’importance d’inclure de la viande, du poisson et de la volaille dans son alimentation car l’élément nutritif qu’est le fer est mieux absorbé lorsqu’il provient de ces sources. Le fer est essentiel au transport de l’oxygène dans le courant sanguin et il contribue à prévenir l’anémie. Une carence peut nuire à la résistance aux infections, à la concentration, à la mémoire, à l’aptitude à apprendre, à la productivité, à la performance physique et à l’endurance.

Ce rapport, le cinquième d’une série visant l’élaboration de nouveaux apports nutritionnels de référence (ANREF) pour le Canada et les Etats-Unis, note que la carence en fer des femmes, notamment des femmes enceintes, constitue une préoccupation importante. Le nouvel ANREF pour les femmes menstruées et les adolescentes est établi à 18 milligrammes par jour; on recommande aux femmes enceintes de consommer 27 milligrammes par jour pour nourrir le foetus. Ces valeurs sont plus élevées que l’apport nutritionnel recommandé au Canada qui se situe à 13 et à 23 milligrammes, respectivement.

Les hommes et les femmes non-menstruées ont besoin de moins de fer puisque celui-ci n’est pas régulièrement éliminé au cours des menstruations. Le nouvel ANREF en fer pour les hommes et les femmes postménopausiques se situe à 8 milligrammes par jour.

Le rapport précise clairement que ces valeurs ne s’appliquent qu’aux personnes qui ont une alimentation diversifiée caractérisée par de généreuses portions de viande, de poisson et de volaille. C’est que les viandes ne sont pas seulement riches en fer; elles contiennent une variété de fer, appelé fer héminique, qui est facilement absorbé.

Les végétariens ont doublement besoin de fer
Le Food and Nutrition Board de l’Institut de médecine à Washington déclare dans un communiqué : « Les végétariens doivent consommer deux fois plus de fer pour satisfaire à leurs besoins quotidiens parce que l’absorption de fer provenant des aliments végétaux est faible comparativement à l’absorption de fer provenant des aliments animaux. »

Certains aliments végétaux comme les pains, les céréales, les légumineuses et certains légumes contiennent du fer, mais l’absorption de fer provenant de ces aliments et de suppléments alimentaires est faible et peut être affectée par d’autres composantes du repas. L’ajout de viande, de volaille de poulet et/ou d’aliments riches en vitamine C au sein d’un même repas peut accroître l’absorption de fer héminique.

« Plus que l’évaluation de l’apport total en fer, l’étude de l’absorbabilité permet de déterminer de manière réaliste si les personnes absorbent assez de fer », explique Huguette Turgeon-O’Brien Ph.D., professeure de nutrition à l’Université Laval.

L’analyse des dossiers alimentaires de 2 000 Québécois a permis au Dr Turgeon-O’Brien de constater que plus de la moitié des femmes ne satisfaisaient pas aux recommandations canadiennes précédentes (1990) qui préconisaient 13 milligrammes de fer au total.

« Les résultats se détériorent davantage lorsque nous examinons les données avec profondeur pour estimer le taux de fer absorbable, a poursuivi le Dr Turgeon-O’Brien. Une seule femme sur quatre consomme un taux suffisant de fer absorbable. » En étudiant les choix d’aliments, le Dr Turgeon-O’Brien a trouvé que l’apport en fer absorbable est étroitement relié à la quantité de boeuf dans l’alimentation.

« Le boeuf est la meilleure source de fer héminique facilement absorbable, a déclaré Pat Scarlett, diététiste-nutritionniste, directrice de la nutrition pour le Beef Information Centre. Une portion de 90 g (3 oz) de boeuf maigre cuit fournit autant de fer utilisable que quatre tasses (1 L) d’épinards crus. »

« Notre rôle de nutritionniste nous pousse à faire valoir l’importance des légumes, mais nous ne devons pas oublier le rôle joué par la viande dans notre alimentation comme source de minéraux essentiels, conclut le Dr Turgeon-O’Brien. La consommation régulière de boeuf dans le cadre d’une alimentation saine constitue une bonne manière d’améliorer son taux de fer et de zinc. En fait, nous avons constaté que les personnes qui consomment de la viande ont généralement tendance à manger des repas plus équilibrés et à consommer plus de légumes et de produits céréaliers. »

L’information contenant les nouveaux apports nutritionnels de référence est situé sur le web sur le site The National Academies.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

The National Academies

http://www.national-academies.org/

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