OGM : accueil favorable en France des mesures sur l’étiquetage

Paris (France), 29 novembre 2002 – Consommateurs, distributeurs et gouvernement français ont accueilli favorablement l’accord conclu par les ministres européens de l’Agriculture fixant à 0,9% le seuil à partir duquel la présence d’organismes génétiquement modifiés (OGM) doit être mentionnée sur les produits.

« Nous sommes satisfaits du compromis », a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère de l’Agriculture. « Nous avions demandé 0,5%, mais si l’on veut obtenir un accord, chacun doit faire un pas », a-t-il reconnu précisant que l’essentiel était « d’être en dessous de 1% ».

Depuis des années, cette question n’avait pu être réglée, les Quinze n’ayant pu parvenir à un accord, certains prônant un seuil de 1%, d’autres proposant 0,5%, voire moins.

Le ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, saluait l’adoption d’un « texte très important pour la protection des intérêts des consommateurs », sur un sujet qu’il qualifiait par ailleurs de « kafkaïen ».

Le compromis adopté à Bruxelles fixe à 0,9% le seuil à partir duquel la présence d’OGM autorisés dans les aliments pour hommes ou pour animaux devra obligatoirement faire l’objet d’un étiquetage spécifique.

Il traite également la question des éventuelles contaminations fortuites par des OGM non autorisés mais faisant l’objet d’une évaluation scientifique positive. Là, un seuil de tolérance de 0,5% a été retenu pour la présence accidentelle de ces OGM dans les denrées.

Les distributeurs français qui souhaitaient que Bruxelles se hâte de régler cette question se félicitent de cette « étape très importante à la fois sur l’étiquetage et sur la politique des OGM », a souligné Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD).

« C’est un accord qui nous va assez bien », a-t-il affirmé. « Il traite de l’étiquetage des OGM autorisés, mais aussi de la question des éventuelles contaminations fortuites par des OGM non autorisés. Et pour ce dernier point, il nous paraissait très utile d’avoir un seuil de contamination fortuite, car dans certains cas, cela arrive. Autant le traiter », a-t-il dit.

Ce compromis « est une avancée » qui permettra au consommateur d’avoir un étiquetage « plus clair », a indiqué Marie-José Nicoli, présidente de l’association de consommateurs UFC-Que-Choisir. Elle a toutefois ironisé sur la « pression » exercée par les pays « anglo-saxons, qui normalement réputés très environnementalistes » ont voté contre le compromis final, estimant les mesures retenues « trop restrictives ».

Le compromis passé n’augure pas pour autant de la levée du moratoire anti-OGM imposé depuis 1999 par sept des quinze pays de l’Union européenne.

Il n’est « pas question de lever le moratoire anti-OGM », a insisté Mme Nicoli, « pour la bonne raison que le problème de traçabilité n’est pas encore défini ».

« Si une des matières premières constituant un produit est OGM, il faut le notifier sur ce produit, même si dans le produit final on ne retrouve pas d’OGM. C’est ce que l’on appelle la traçabilité-document », explique Mme Nicoli. « Nous ne nous prononcerons pour la levée de ce moratoire qu’à cette condition », a-t-elle martelé.

L’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) estime, selon son directeur scientifique, Olivier Andrault, le seuil fixé à 0,9% « beaucoup trop élevé. Le seuil doit être de 0%, sinon l’étiquetage sera mensonger. Le consommateur doit être informé de manière complète et pouvoir choisir », a-t-il expliqué.

Source : AFP

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