OMC : pas de percée agricole à la réunion à Paris

Paris (France), 23 septembre 2005 – Des progrès ont été accomplis mais aucune percée n’a été réalisée sur la baisse des aides à l’agriculture dans le monde lors de la réunion à Paris de quatre grands acteurs (Brésil, Etats-Unis, Inde, Union européenne) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a noté « certains progrès » à l’issue de la réunion à l’ambassade du Brésil avec le représentant américain pour le Commerce, Rob Portman, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, et le ministre indien du Commerce, Kamal Nath.

« Mais nous avons encore beaucoup de travail à faire » pour relancer les négociations sur la libéralisation des échanges dans le monde, a reconnu M. Mandelson devant la presse, alors que les 148 pays membres de l’OMC ont moins de trois mois pour parvenir à un consensus sur les deux tiers des discussions lors d’une importante conférence ministérielle à Hong Kong.

L’agriculture est au coeur du cycle de négociations lancé à Doha (Qatar) en 2001, les pays en développement exigeant que ceux du Nord réduisent les aides agricoles qui faussent les marchés et pénalisent les paysans des pays pauvres.

En signe de bonne volonté, Américains et Européens ont confirmé qu’ils acceptaient comme base de leurs discussions une proposition des pays émergents du G20 (Brésil, Chine, Inde…) visant à réduire les droits de douane sur les produits agricoles.

Cette proposition prévoit une « formule » de réduction des droits de douane moins sévère pour les pays développés que pour les pays en développement, dont les tarifs douaniers maximums pourraient atteindre un plafond de 150%, contre 100% pour les pays riches. Ce plafond est fermement combattu par les pays importateurs nets de produits agricoles comme le Japon ou la Suisse.

En contrepartie, le Brésil et l’Inde ont accepté d’activer les discussions sur l’ouverture du marché des services, vieille revendication des pays développés.

La « Bande des Quatre », comme les surnomme le patron de l’OMC Pascal Lamy, a ainsi décidé de mettre en place un noyau dur de pays pour redynamiser les négociations sur les services. « Nous n’arriverons à rien à Hong Kong si nous n’avançons pas de manière déterminante dans les négociations sur les produits manufacturés et les services », a averti M. Mandelson.

M. Amorim a rappelé que des concessions sur le commerce des services dépendaient des progrès obtenus sur l’agriculture, mais noté que beaucoup de pays membres n’ont toujours pas déposé d’offre dans ce domaine. Les négociations devront « mettre l’accent sur les services qui intéressent les pays en développement », a-t-il ajouté.

Les quatre hauts responsables ont voulu faire preuve de confiance envers les chances de succès du cycle de Doha qui doit être bouclé fin 2006, après avoir raté l’échéance de fin 2004.

« Je suis plus optimiste, après ces discussions, sur notre capacité à aplanir nos divergences », a affirmé M. Portman.

Mais le bras-de-fer euro-américain sur l’agriculture n’a toujours pas été résolu, malgré une rencontre bilatérale entre MM. Portman et Mandelson jeudi. D’un côté les Européens demandent aux Américains de réduire leurs aides directes aux agriculteurs, tandis que ces derniers réclament au préalable une baisse des barrières douanières européennes.

M. Portman a ainsi fait valoir que l’UE et le Japon versent plus de subventions à leurs agriculteurs que les Etats-Unis et qu’il convient de rééquilibrer la négociation dans le sens d’une plus grande ouverture des marchés.

Source : AFP

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