OMS : difficile maîtrise rapide de la grippe aviaire

Genève (Suisse), 3 mars 2004 – La grippe aviaire ne « peut pas être maîtrisée dans un avenir proche », avertit l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui rappelle que le contrôle de précédentes épidémies, pourtant beaucoup moins importantes, avait pris au moins deux ans.

Dans un communiqué, l’OMS souligne le caractère exceptionnel de cette épidémie, qui au cours des deux derniers mois, a provoqué l’abattage de 100 millions de volailles en Asie, soit un chiffre plus important que celui des cinq plus importantes épidémies réunies.

Le virus H5N1 a touché huit pays d’Asie (Cambodge, Chine, Indonésie, Japon, Laos, Corée du Sud, Thaïlande et Vietnam) et tué 22 personnes, qui sont entrées en contact avec des animaux malades ou leurs déjections.

Selon l’OMS, plusieurs caractéristiques rendent difficile la maîtrise rapide de l’épidémie, dont la très forte production des volailles dans des petites fermes et des arrière-cours, où elles peuvent courir librement.

Autre problème pour un abattage adéquat des volailles: le fait que leur « production contribue considérablement à l’économie et à l’alimention des pays affectés ».

Le manque d’infrastructure de contrôle et de détection de l’épidémie constitue également un obstacle à son éradication, ainsi que le manque de ressources pour « dédommager les agriculteurs et les encourager à se conformer aux recommandations de gouvernement ».

La difficulté provient aussi du fait que la maladie est nouvelle pour les pays touchés. A leur niveau comme au niveau internationnal, l’expérience des mesures à prendre est très limitée.

Selon l’OMS, étant donné que de nombreux pays limitrophes sont affectés, il est nécessaire d’établir une stratégie élargie à l’ensemble de la région, afin de s’assurer que des progrès dans un pays ne soient pas compromis par des contrôles insatisfaisants dans d’autres.

L’organisation souligne que l’abattage massif des volailles reste le principal moyen pour lutter contre la grippe aviaire. En revanche, elle est opposée à la destruction des oiseaux sauvages. Selon l’OMS, rien n’indique qu’ils sont la source des manifestations actuelles du virus H5N1.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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