Paul Martin estime les tests bovins de masse non nécessaires

Edmonton (Alberta), 18 janvier 2004 – Le premier ministre canadien Paul Martin n’appuie pas les tests de détection de la maladie de la vache folle sur tous les bovins, une mesure censée accélérer l’ouverture des frontières au boeuf canadien après la découverte de deux animaux contaminés originaires du Canada, a-t-il indiqué samedi.

Lors de son premier passage dans l’Ouest canadien depuis la découverte d’un deuxième cas en décembre dernier, Paul Martin a estimé que la sécurité alimentaire ne serait pas améliorée par des tests pour cette maladie dégénérative du cerveau sur tous les bovins abattus.

« Je vais vous donner la réponse que m’ont donnée l’industrie et la communauté scientifique, et la réponse que j’ai reçue est un non (aux tests de masse) », a dit Paul Martin aux journalistes après une visite dans un laboratoire vétérinaire d’Edmonton, en Alberta.

Le Canada, qui a découvert en mai dernier son premier cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ou maladie de la vache folle, chez un animal né en sol canadien, utilise déjà des méthodes de détection rigoureuses et les consommateurs devraient avoir confiance en la qualité du boeuf, a dit le premier ministre.

L’ESB a été détectée chez une vache laitière de l’État de Washington en décembre, poussant bon nombre de pays à interdire les importations de boeuf américain. Mais il a depuis été établi que l’animal provenait de la province de l’Alberta, première productrice de bovins au Canada et normalement un important fournisseur de bétail et de boeuf aux États-Unis.

Le département américain de l’Agriculture a permis en août la reprise des importations de produits bovins à faible risque, et les producteurs canadiens s’attendaient à voir les livraisons de bétail en bas âge reprendre au début de l’année lorsque le deuxième cas d’ESB est venu ébranler l’industrie.

Le premier ministre de l’Alberta, Ralph Klein, a demandé une analyse des coûts des tests de masse, mais sa ministre de l’Agriculture, Shirley McClellan, et des responsables de l’industrie bovine ont estimé qu’un tel procédé ne serait qu’un dernier recours dispendieux pour réconforter les partenaires commerciaux, puisque les consommateurs canadiens ne l’ont pas réclamé.

La crise qui secoue l’industrie nord-américaine du boeuf a été l’un des principaux thèmes abordés lors de la première rencontre de Paul Martin à titre de premier ministre avec le président américain George W. Bush la semaine dernière. Bush n’a toutefois précisé aucun calendrier pour la reprise complète des importations bovines.

« Je pense que c’était une déclaration très importante du président Bush, à savoir qu’il considère qu’il s’agit bien d’une industrie nord-américaine et que la solution doit s’appuyer sur la science », a dit Paul Martin. Le président mexicain Vicente Fox a également exprimé sa confiance à l’égard des mesures canadiennes de contrôle, a-t-il dit.

« Je pense qu’il y a des prédispositions favorables à l’égard du Canada et de ce que nous avons fait et je pense que nos progrès ne font aucun doute — pas autant ou aussi rapidement que nous aurions voulu — mais nous progressons. »

La ministre albertaine Shirley McClellan a insisté sur le fait que les tests sur tous les bovins, en particulier sur ceux de moins de 30 mois, ne sont pas justifiés scientifiquement. Les jeunes bovins sont nés longtemps après l’interdiction des protéines animales dans l’alimentation des bovins au Canada et aux États-Unis, protéines que les scientifiques jugent responsables de la propagation de l’ESB.

Mais le nombre de tests nécessaires en Amérique du Nord reste encore à déterminer et dépendra des exigences des principaux partenaires commerciaux, a dit Shirley McClellan.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

United States Department of Agriculture (USDA)
http://www.usda.gov/

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