Perspectives agricoles de l’OCDE 2001-2006

Les marchés agricoles sont en train de sortir d’une longue période de récession au cours de laquelle la valeur de nombreux produits a atteint des creux historiques. La demande, notamment dans les pays hors de la zone de l’OCDE, croît plus rapidement que la production, tandis que les stocks mondiaux s’amenuisent. A supposer que la croissance économique mondiale se maintienne au cours des prochaines années, les échanges devraient se développer et les prix mondiaux de la plupart des produits agricoles augmenter jusqu’en 2006. Le soutien et la protection accordés aux producteurs agricoles des pays de l’OCDE restent élevés en dépit de la légère baisse enregistrée en 2000 après deux années d’augmentation. D’où le constat que la réforme n’a pas été suffisamment profonde et demeure fragile.

Deux nouveaux rapports de l’OCDE, Politiques agricoles des pays de l’OCDE – Suivi et évaluation 2001 et Perspectives agricoles de l’OCDE 2001-2006, analysent le niveau du soutien et l’évolution des politiques agricoles au cours de l’année passée, et évaluent les perspectives des politiques et des marchés pour les céréales, les oléagineux, la viande et les produits laitiers jusqu’en 2006. Ils préconisent notamment que les gouvernements tirent parti de cette embellie des marchés pour définir, entre autres, des politiques agricoles leur permettant d’atteindre leurs objectifs économiques, environnementaux et sociaux en réduisant au minimum les effets de distorsion de ces dernières sur la production et les échanges.

L’évolution à long terme des marchés sous l’influence de la crise de l’ESB qui frappe l’Europe ainsi que de la récente épidémie de fièvre aphteuse, entre autres dans l’Union européenne, n’a pas été prise en considération ; la situation n’étant pas encore stabilisée au moment de la mise sous presse, il était impossible d’en évaluer précisément les effets sur une longue période. Face à l’évolution de ces épizooties, les perspectives des marchés de certains produits animaux pourraient toutefois être moins optimistes, en particulier pour l’Union européenne.

Dans la zone de l’OCDE, où le rythme et la portée de la réforme des politiques agricoles ne sont pas les mêmes, le soutien agricole continue d’avoir des répercussions importantes sur les marchés. En 2000, celui-ci est resté très élevé, puisqu’il s’est situé à 327 milliards de dollars (354 milliards d’euros), soit 1,3 % du PIB de la zone de l’OCDE. La part des aides aux producteurs dans les recettes des exploitations a été de 34 % en 2000, de 22 % aux Etats-Unis et de 38 % dans l’Union européenne. La baisse du soutien et de la protection enregistrée l’année dernière s’explique par la hausse des prix mondiaux et les variations des taux de change, et non par des modifications sensibles des politiques agricoles. Dans certains des grands pays de l’OCDE, la réaction des agriculteurs à la faiblesse des prix a été atténuée par le relèvement des aides, qui a retardé ou ralenti les nécessaires adaptations.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

http://www.oecd.org/

Commentaires