Prion: tests effectués sur muscles de bovins négatifs, de nature à rassurer

Paris (France), 27 mars 2002 – Les nouveaux tests effectués par les autorités sanitaires françaises après les révélations de chercheurs américains mettant en évidence la présence du prion dans les muscles de la souris se sont révélés négatifs, de nature à rassurer le consommateur.

« Il n’y a rien d’étonnant à cela, les analyses avaient déjà été faites. Nous avons confirmation que les résultats sont négatifs, c’est tant mieux », a commenté Marie-José Nicoli, présidente de l’UFC-Que Choisir, l’une des plus importantes associations de consommateurs.

« Nous nous félicitons de ces résultats, même s’il y avait peu de chance que les tests soient positifs », a renchéri Olivier Andrault, directeur scientifique de la Confédération consommation, logement, cadre de vie (CLCV), estimant qu’il faut « rester prudent dans l’extrapolation à la viande bovine d’une étude réalisée sur la souris avec le prion de la tremblante ».

La publication le 18 mars des travaux du professeur américain Stanley Prusiner, prix Nobel de médecine pour ses découvertes sur les prions, montrant la présence de l’agent infectieux des encéphalopathies spongiformes dans certains muscles de souris (pattes arrières) infectés de manière expérimentale, avait suscité une certaine inquiétude au moment où la consommation de viande de boeuf a pratiquement retrouvé ses niveaux d’avant la deuxième crise de la vache folle (octobre 2000).

L’étude américaine pouvait laisser craindre par analogie que la viande de boeuf, c’est-à-dire les muscles autorisés à la consommation, puisse transmettre à l’homme la maladie de la vache folle. Jusqu’à présent, la suspicion portait uniquement sur des parties liées au système nerveux telles que la cervelle ou la colonne vertébrale.

L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) décidait dès la publication de l’étude américaine de procéder à de nouveaux tests, afin de vérifier si les muscles peuvent être des vecteurs infectieux.

Le ministre de l’Agriculture, François Patriat, avait toutefois relativisé l’expérimentation américaine précisant qu’elle avait été faite à partir d’une souche de tremblante du mouton. Il n’y a « pour l’heure, aucune raison de revoir le dispositif de protection sanitaire » en France, avait-il dit.

« Les conditions d’expérimentation n’avaient strictement rien à voir avec l’ESB », a ajouté Mme Nicoli, estimant qu’il y a eu de « l’acharnement. Ils (les chercheurs américains) ont piqué les souris intracérébral et intramusculaire, dans des conditions qui n’ont rien à voir avec des conditions normales d’utilisation du prion ».

L’Afssa a procédé à des prélèvements sur différentes espèces animales: deux bovins, l’un contaminé par l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) et l’autre indemne d’ESB, quatre souris infectées par l’agent de l’ESB, un mouton et une chèvre atteints de tremblante naturelle et deux moutons infectés par l’agent de l’ESB.

La CLCV regrette cependant « le faible nombre d’études scientifiques réalisées dans le monde sur le muscle ».

« La non infectiosité du muscle est la pierre angulaire du dispositif mis en place au niveau de la sécurisation de l’alimentation en France. Il est indispensable de mettre rapidement en France un plan de contrôle de grande ampleur sur le terrain et des tests en laboratoire pour approfondir les résultats de l’étude américaine », insiste M. Andrault.

Source : AFP

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