Qu’est-ce que le bien-être animal?

Renée Bergeron

Dans la population en général, il y a une certaine confusion entre le bien-être des animaux et le droit des animaux, a expliqué Renée Bergeron, directrice du Campus d’Alfred de l’Université de Guelph et chercheure en bien-être animal, devant l’Association des communicateurs et rédacteurs de l’agroalimentaire (ACRA) le 7 février dernier.

Or, les organisations revendicatrices comme PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) sont des défenseurs du droit des animaux. Ce sont souvent des végétariens qui ont beaucoup de budget et qui espèrent diminuer la consommation d’animaux dans la société.

5 libertés

« C’est du gros bon sens le bien-être animal », insiste Renée Bergeron. Souvent, on le défini par les cinq libertés listées en 1993 par le Farm Animal Welfare Council :

– alimentation adéquate ;
– logement confortable ;
– environnement sain et soin adéquat ;
– satisfaction des besoins comportementaux ;
– réduction de la peur et du stress.

Science

Le bien-être animal peut-être mesuré « scientifiquement ». On peut ainsi évaluer la productivité, la santé et la condition physique, la condition physiologique et le comportement. Ce n’est cependant pas une science exacte. Pour avoir une idée juste du bien-être, il faut utiliser plusieurs indicateurs. « La science nous dit quelles conditions favorisent le bien-être, mais la société décide quel niveau de bien-être elle veut offrir à ses animaux », insiste Renée Bergeron.

Conception

Ce que l’on considère comme un « bon » bien-être et le niveau du bien-être que l’on est prêt à offrir aux animaux dépend de notre conception du bien-être, de nos valeurs, de critères économiques. L’organisation mondiale pour l’alimentation (FAO) a même mentionné que l’importance qu’on accorde au bien-être des animaux dans un marché varie selon le développement socio-économique de la société. Plus on est riche, plus on accorde d’importance au bien-être animal.

La chercheuse cite en exemple les normes d’espace pour les poules pondeuse qui varient du simple au quadruple selon la perception du bien-être : de 600 cm2 selon la science à 2322 cm2 selon les normes biologiques de la Colombie-Britannique.

Souci du bien-être

Le souci du bien-être doit être pris en considération. Habituellement, un meilleur bien-être s’accompagne d’une réduction du stress, ce qui améliore les performances et l’état de santé. Par contre, améliorer le bien-être peut parfois coûter plus cher que le gain de productivité qu’il rapporte.

Avant 2000, on ne parlait pas de bien-être animal pour les animaux d’élevage. Il a fallu que la chaîne de restaurants McDonald’s dresse ses propres normes pour faire prendre un virage à l’industrie agricole. Aujourd’hui, le bien-être fait partie du vocabulaire de presque tous les intervenants en production animale.

Différentes normes

Il existe à l’heure actuelle deux sources principales de normes en matière de bien-être animale : les initiatives gouvernementales et les initiatives privées. L’Union européenne a choisi la législation. Au Canada, on opte plutôt pour des codes de pratiques du Conseil national pour le soin aux animaux d’élevage. Ils sont d’application volontaire, sauf au Manitoba et à l’Île-du-Prince-Édouard. Aux États-Unis, certains états ont déjà légiféré, pour le bien-être des poules notamment. De très nombres de normes différentes se sont multipliées avec les années.

Futur ?

Selon Renée Bergeron, le bien-être animal n’est pas une mode passagère. « Les pressions pour forcer les producteurs à changer certaines pratiques vont continuer à se faire sentir », dit-elle. Certaines lois vont se resserrer et des normes nationales et des systèmes d’audits à la ferme vont continuer à se développer.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires