Réaction de l’UPA au soutien au secteur bovin et au rapport sur les prix

Montréal (Québec), 17 octobre 2003 – « L’aide gouvernementale que vient d’annoncer Québec n’est rien d’autre qu’une mesure incomplète et qui devra être bonifiée. »

C’est en ces termes que réagissaient aujourd’hui en conférence de pressele président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ), M.Michel Dessureault, accompagné du président de l’Union des producteursagricoles (UPA), M. Laurent Pellerin.

Le président de la Fédération estime que l’annonce de Québec est loin desatisfaire et de répondre aux besoins de l’ensemble des producteurs de bovins.« Alors que nous réclamons, chiffres à l’appui, une aide de 30 millions dedollars, bien que l’ensemble des pertes pour le secteur bovin québécois soitévalué à 52 millions de dollars, le gouvernement du Québec nous annonce unesomme de 20 millions de dollars qui, après analyse, se révèle être une aidesupplémentaire réelle de seulement 10 millions de dollars. C’est encorebeaucoup trop loin des besoins. »

Pour la Fédération, l’aide versée aux producteurs de bouvillons et desemi-finis est nettement insuffisante. Même en tenant compte des sommesannoncées, les producteurs perdent toujours plus de 300 $ par bouvillon mis enmarché. En ce qui a trait aux producteurs de bovins de réforme, qui subissent,eux aussi, les dramatiques chutes de prix du marché, ils sont totalementlaissés pour compte, la ministre ayant choisi de refiler le dossier augouvernement fédéral.

M. Laurent Pellerin, président de l’UPA, a pour sa part mentionné quedepuis le 20 mai dernier, nous alertons quotidiennement les deux paliers degouvernements quant à l’importance de la crise qui secoue le secteur bovin.« Nos gouvernements doivent cesser de se renvoyer la balle. On aurait pu croireque ces deux gouvernements, issus de la même famille politique élargie,s’entendraient. Or, on attend toujours ! Une crise d’une telle ampleurcommande des interventions d’urgence et des mesures extraordinaires adaptées àla situation de crise, et non pas des demi-mesures, comme celles qui viennentd’être annoncées », de souligner M. Pellerin.

Alors que le programme d’aide laisse en plan les 16 000 producteurs debovins de réforme et ne compense qu’à moitié les producteurs de bouvillons etde semi-finis, les producteurs sont plus que jamais déterminés à poursuivreleurs actions de mobilisation. D’ailleurs, on sait que depuis quelquessemaines, plusieurs activités symboliques ont été organisées dans toutes lesrégions du Québec afin de sensibiliser les populations locales et les députés,tant fédéraux que provinciaux notamment.

Pour MM. Dessureault et Pellerin, comme encore près de 60 % du commercedans le secteur bovin est toujours sous embargo, la crise est loin d’êtrefinie. Il est donc plus qu’urgent que les producteurs puissent compter sur unvéritable programme d’aide qui couvrira tous les secteurs de la productionbovine (abattage, engraissement et reproduction) jusqu’à ce que les frontièressoient ouvertes comme avant le 20 mai, et jusqu’à ce que les prix du marchéreprennent leurs cours normaux.

Les agriculteurs : les grands perdants
Quant au Rapport sur l’évolution des prix de la viande bovine, MM.Dessureault et Pellerin ont d’emblée mentionné que l’étude venait confirmerles prétentions des producteurs de bovins quant à l’importante chute de prixqu’ils ont subie depuis cinq mois.

Et pour preuve, en page 52 dudit rapport, on peut lire : « En résumé,l’analyse montre que les producteurs ont subi des pertes importantes depuis ledéclenchement de la crise de l’ESB le 20 mai dernier. Ces pertes surviennent àune période où les prix du boeuf aux Etats-Unis se sont maintenus à desniveaux élevés alors que les producteurs auraient pu bénéficier des bonnesconditions de marché. »

Par ailleurs, le groupe chargé de l’enquête arrive à la conclusion queles consommateurs québécois ont bénéficié d’une baisse moyenne des prix duboeuf de 15 %. « On peut certes se réjouir pour les consommateurs s’ils ont puprofiter d’une légère diminution du coût de leur panier d’épicerie, diminutionqui est survenue, rappelons-le, à la mi-juillet alors que nous étions en crisedepuis le 20 mai. Mais, comme producteurs de bovins, on est en droit de sequestionner sur l’écart important qui persiste entre le prix payé auxagriculteurs à l’abattage, qui a chuté de plus de 60 %, et l’économie sommetoute modeste réalisée par le consommateur en bout de ligne », de souligner leprésident de la Fédération. « En ce qui nous concerne, la lumière n’a pas étéfaite dans ce dossier », de conclure M. Dessureault, qui ajoute « qu’encore unefois, les agriculteurs sont les grands perdants dans cette crise. »

Rappelons, en terminant, que le secteur bovin est la troisième plusimportante production animale au Québec, et génère des ventes de plus de600 millions de dollars et commercialise quelque 800 000 bovins. Affiliée àl’UPA, la Fédération des producteurs de bovins du Québec regroupe quelque24 300 producteurs de boeufs et de veaux établis dans toutes les régions duQuébec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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