Raffarin veut faire de la France un leader des biocarburants

Venette (France), 7 septembre 2004 – Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a présenté un plan visant à tripler la production de biocarburants d’ici à 2007 afin de faire de la France le leader européen de ce secteur, devant l’Allemagne.

« Nous allons passer d’une époque des initiatives pionnières à celle de l’ambition nationale (…) La France doit devenir, dans les dix ans qui viennent, un leader des biocarburants », a déclaré M. Raffarin dans le berceau français des biocarburants, l’usine de diester de Venette (Oise), près de Compiègne.

Ce plan comprend la construction de « l’équivalent » de quatre usines de nouvelle génération – d’une capacité de 200.000 tonnes par an chacune – et la création de 6.000 emplois dans l’ensemble de la filière d’ici 2007, selon les projections du gouvernement.

La production nationale devrait ainsi passer d’environ 450.000 tonnes par an (dont 350.000 de diester et 100.000 d’éthanol) à 1,250 million de tonnes en 2007 pour l’ensemble des deux filières. Cela triplera du même coup la surface agricole occupée par les bio-carburants, soit un million d’hectares.

« Il s’agit là d’une décision majeure pour notre agriculture et pour l’environnement. La France veut tenir les engagements de Kyoto, là nous avons un levier d’action très important pour protéger la couche d’ozone », a affirmé le Premier ministre.

Le diester – produit à partir de colza, tournesol ou soja – est ajouté au gazole. L’éthanol, extrait de la betterave, des céréales, des pommes de terre ou des biomasses, est ajouté lui à l’essence.

Leur utilisation, notamment dans les transports urbains, permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Le président Chirac est très mobilisé sur ce dossier », a souligné le Premier ministre lors d’une rencontre avec les principaux acteurs de la filière.

« Nous voulons réduire notre facture pétrolière et faire en sorte qu’on puisse renforcer notre indépendance énergétique », a ajouté le Premier ministre, qui était accompagné du ministre de l’Ecologie Serge Lepeltier et du secrétaire d’Etat à l’Agriculture Nicolas Forissier.

Le gouvernement entend aussi se conformer à une directive européenne, qui impose de porter la part des biocarburants dans l’essence et le gazole à 2% en 2005 et 5,75% en 2010. Actuellement, le taux d’incorporationn est de 1%.

Le Premier ministre n’a évoqué aucune incitation fiscale. « Le coût pour notre collectivité sera minime, avec moins d’un centime d’euro par litre », a-t-il tout au plus noté.

Les biocarburants, deux fois plus chers que l’essence ou le gazole, bénéficient d’exonérations fiscales. Cette défiscalisation représente un manque à gagner de 150 à 180 millions d’euros par an pour l’Etat, qui sera donc triplé avec le plan proposé.

Le Premier ministre a « souhaité » que des appels d’offres soient « lancés et dépouillés avant le printemps 2005 » afin de développer les nouvelles unités de production.

Le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard va mener des discussions avec les représentants de la filière afin de proposer « avant la fin » 2004 une clé de répartition des nouvelles capacités de production entre éthanol et diester.

Les représentants de l’industrie pétrolière on demandé que l’effort soit plutôt porté sur le diester, le marché du diesel étant en pleine expansion en France.

Les producteurs de biocarburants ont souhaité que la France « ne prenne pas de retard vis-à-vis de ses principaux voisins », en notant que la filière allemande bénéficie d’incitations fiscales « deux fois supérieures ».

Source : AFP

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