Recettes monétaires agricoles au premier trimestre de 2006

Ottawa (Ontario), 26 mai 2006 – Au premier trimestre, les recettes monétaires du marché des agriculteurs canadiens sont tombées à leur plus bas niveau trimestriel en 10 ans, les recettes des cultures ayant accusé un net recul et les recettes du bétail s’étant repliées légèrement.

Les recettes du marché, soit les recettes de la vente de cultures et de bétail, ont fléchi pour s’établir à 7,5 milliards de dollars au premier trimestre de 2006, en baisse de 3,4 % par rapport à la même période l’an dernier.

Les producteurs de cultures continuent à subir les faibles prix des produits. Leurs recettes se sont repliées de 8,0 % pour s’établir à 3,0 milliards de dollars. Ce niveau était inférieur de 11,3 % à la moyenne quinquennale précédente de 2001 à 2005. L’abondance des approvisionnements mondiaux de céréales et la vigueur du dollar canadien ont exercé une pression à la baisse sur les prix.

Les recettes du bétail, quant à elles, ont reculé de 0,1 % pour se fixer à 4,5 milliards de dollars, la baisse des recettes porcines ayant annulé les hausses observées dans le secteur des bovins et des veaux. Ce niveau était équivalent à la moyenne quinquennale précédente, laquelle comprend l’impact de la crise de l’encéphalopathie bovine spongiforme (ESB) qui a provoqué la fermeture de la frontière des États-Unis.

Les agriculteurs ont reçu 1,6 milliard de dollars en paiements de programmes au premier trimestre, en baisse de 2,6 % par rapport aux trois mêmes mois de 2005. Cependant, le montant déboursé aux agriculteurs en vertu des divers programmes a dépassé de 413 millions de dollars la moyenne quinquennale précédente de 2001 à 2005.

De janvier à mars, les recettes agricoles totales, qui comprennent les paiements de programmes, ont atteint 9,1 milliards de dollars, en baisse de 3,3 %. Dans l’ensemble, les recettes totales du premier trimestre ont dépassé de 0,3 % la moyenne quinquennale précédente.

À l’échelon provincial, les recettes ont fléchi en Ontario et au Québec, en raison surtout de la baisse des recettes porcines, ainsi qu’en Saskatchewan et au Manitoba, conséquence des céréales et des oléagineux.

L’augmentation la plus prononcée (+14,7 %) est survenue à l’Île-du-Prince-Édouard, étant donné le rebondissement des prix des pommes de terre.

Les recettes monétaires agricoles constituent une mesure du revenu brut des exploitations agricoles. Elles ne tiennent pas compte des dépenses engagées par les agriculteurs. Les recettes monétaires peuvent varier considérablement d’une exploitation agricole à l’autre en raison de plusieurs facteurs, dont les élevages et les cultures choisis, les prix et les conditions climatiques. Pour obtenir les renseignements les plus récents sur le revenu agricole net en 2005, consultez le communiqué précédent publié aujourd’hui dans le Quotidien.

Les recettes des cultures tombent à un creux inégalé depuis 1993
L’abondance des approvisionnements mondiaux et l’appréciation du dollar canadien ont continué d’influer sur les prix des céréales et des oléagineux.

Les recettes du blé (sauf le blé dur) ont reculé de 17,1 % pour se fixer à 344 millions de dollars, résultat de la diminution des livraisons et des paiements de la Commission canadienne du blé (CCB). Les prix ont augmenté de 4,9 % par rapport au creux de 12 ans observé en 2005. La progression du prix était principalement attribuable à l’amélioration de la qualité de la récolte de 2005.

Les recettes de l’orge ont chuté de 33,8 % pour s’établir à 88 millions de dollars, en raison d’une diminution des livraisons, des prix et des paiements de la CCB. La production d’orge a diminué de 5,3 % en 2005, puisque les producteurs ont réduit les superficies ensemencées.

Les producteurs ont différé en 2006 beaucoup moins de recettes de la récolte de 2005, en raison du creux des prix des céréales et des oléagineux et de l’augmentation des coûts des intrants. Par conséquent, la réalisation des recettes différées a diminué d’environ 40 % au premier trimestre de 2006.

Par ailleurs, l’accroissement des livraisons de canola a tempéré la baisse des recettes totales des cultures. La production record de canola, ayant connu une hausse de 25,0 %, et les stocks record au début de la campagne agricole ont contribué à un bond de 48,9 % des livraisons au premier trimestre de 2006. Malgré une baisse de 7,1 % des prix, les recettes du canola ont grimpé de 38,3 % pour atteindre 571 millions de dollars, soit près de 30 % de plus que la moyenne quinquennale précédente.

Les recettes du bétail ont accusé une faible baisse malgré l’amélioration des recettes des bovins et des veauxLes recettes du bétail ont fléchi au premier trimestre de 2006, malgré l’amélioration des recettes des bovins et des veaux. Les recettes des bovins et des veaux ont progressé de 20,9 % à la faveur d’une progression de 12,4 % des mises en marché et d’une hausse des prix de 7,5 %. Les recettes globales du bétail ont été ralenties par un recul des recettes porcines.

Le secteur des bovins a continué de regagner une partie du terrain perdu pendant les 26 mois de restrictions commerciales liées à l’ESB. Les recettes provenant de l’exportation de bovins et de veaux vivants, qui se sont élevées à 398 milliards de dollars au premier trimestre de 2006, étaient toujours légèrement inférieures à celles de la même période en 2003, qui correspond au dernier trimestre complet de commerce avant l’embargo.

Malgré l’amélioration d’une année à l’autre des recettes des bovins et des veaux, les prix se maintiennent en deçà des moyennes historiques. Le prix moyen des bovins vendus pour l’abattage au Canada au cours des trois premiers mois de 2006 était de 16,9 % inférieur à la moyenne quinquennale et de 10,0 % inférieur à la moyenne décennale pour le premier trimestre.

Les recettes des bovins d’abattage, qui ont représenté 56,9 % des recettes totales des bovins et des veaux, ont fléchi de 13,6 %. Les mises en marché (-10,7 %) et les prix (-2,3 %) étaient tous les deux inférieurs à leurs niveaux d’un an plus tôt. À l’opposé, le prix des bovins d’engraissement a crû de 15,5 %, entraînant une hausse de 14,8 % des recettes du commerce interprovincial.

Les recettes monétaires des producteurs de porcs ont diminué de 23,2 %, les prix ayant fléchi de 20,7 % au premier trimestre par rapport aux prix de l’an dernier, alors qu’ils étaient à leur plus haut niveau en huit ans. Les recettes des porcs ont aussi été touchées par un recul des mises en marché (-3,1 %).

Les prix des porcs d’abattage ont subi des baisses mensuelles consécutives de septembre 2005 à février 2006 avant d’afficher une légère hausse en mars 2006. Les pressions à la baisse sur les prix sont attribuables à l’ampleur des approvisionnements nord-américains et à la vigueur du dollar canadien.

Du côté de la gestion de l’offre, les recettes des produits laitiers, des oeufs et des dindons ont toutes augmenté, tandis que celles des poulets ont diminué. Les recettes des poulets ont fléchi de 8,3 %, en raison d’une baisse de prix de 9,9 % au premier trimestre. Les produits assujettis à la gestion de l’offre ont représenté environ 40 % des recettes totales du bétail.

Les paiements de programmes diminuent par rapport à leur sommet
Les paiements de programmes du premier trimestre ont fléchi de 2,6 % par rapport au sommet de 1,6 milliard de dollars enregistré en 2005, malgré les paiements élevés en vertu du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole (PCSRA) et du nouveau Programme de paiements pour les producteurs de céréales et d’oléagineux (PPPCO).

Le PPPCO, institué le 6 février 2006, assure une aide directe aux producteurs de céréales, d’oléagineux et de cultures spéciales. Plus de la moitié des fonds, soit plus de 400 millions de dollars, avait été distribuée aux agriculteurs à la fin du premier trimestre.

Le PCSRA a versé 500 millions de dollars au premier trimestre, en baisse de 70 millions de dollars comparativement à la même période en 2005. Le PCSRA vise à répondre aux besoins des producteurs victimes d’une perte de revenu en temps de crise grave (comme l’ESB).

Les paiements d’assurance-récolte ont diminué de 30,6 % pour s’établir à 263 millions de dollars. Les retraits de la partie gouvernementale du Compte de stabilisation du revenu net se sont élevés à 276 millions de dollars, en baisse de 13,5 % par rapport au même trimestre en 2005 étant donné la fermeture progressive du programme.

Recettes monétaires agricoles
 Janvier à mars 2005Janvier à mars 2006pJanvier-mars 2005 à janvier-mars 2006
 en millions de dollarsvar. en %
Canada9 3809 072-3,3
Tout le blé1492424-13,8
Blé, sauf le blé dur1415344-17,1
Blé dur177803,9
Orge113388-33,8
Recettes différées-51-41-19,6
Réalisation des recettes différées610367-39,8
Canola41357138,3
Soya220170-22,7
Maïs15217112,5
Autres céréales et oléagineux13494-29,9
Cultures spéciales208161-22,6
Autres cultures9671 0104,4
Total des cultures3 2773 014-8,0
Bovins et veaux1 3541 63720,9
Porcs1 051807-23,2
Produits laitiers1 2101 2241,2
Volaille et oeufs615586-4,7
Autre bétail267239-10,5
Total du bétail4 4974 493-0,1
Compte de stabilisation du revenu net319276-13,5
Paiements d’assurance-récolte379263-30,6
Programmes d’aide en cas de désastre lié aux revenus59390753,0
Programme provincial de stabilisation4628-39,1
Subventions aux produits laitiers000
Autres programmes26990-66,5
Total des paiements1 6061 564-2,6
pdonnées provisoires
1.Inclut les paiements de la Commission canadienne du blé.
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Recettes monétaires agricoles provinciales
 Janvier à mars 2005Janvier à mars 2006pJanvier-mars 2005 à janvier-mars 2006
 en millions de dollarsvar. en %
Canada9 3809 072-3,3
Terre-Neuve-et-Labrador20215,0
Île-du-Prince-Édouard9510914,7
Nouvelle-Écosse1281301,6
Nouveau-Brunswick1051126,7
Québec1 3911 335-4,0
Ontario2 1531 983-7,9
Manitoba1 0651 034-2,9
Saskatchewan1 8641 761-5,5
Alberta2 0642 0841,0
Colombie-Britannique4965031,4
pdonnées provisoires
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Note aux lecteurs
Statistique Canada ne fait pas de prévisions des recettes monétaires agricoles. Les données présentées sont fondées sur les données des enquêtes et sur les données administratives provenant de plusieurs sources.

Les recettes monétaires agricoles mesurent le revenu brut des entreprises agricoles en dollars courants. Elles comprennent les ventes de productions végétales et animales (sauf les ventes entre les exploitations agricoles d’une même province) et les paiements de programmes. Les recettes sont comptabilisées lorsque l’argent est versé aux agriculteurs, avant déduction des dépenses.

Les recettes différées représentent les ventes de céréales et d’oléagineux livrés par les producteurs de l’Ouest pour lesquelles les paiements ont été reportés à l’année suivante. Étant donné que ces recettes sont fondées sur les livraisons effectuées, les paiements différés sont déduits des recettes monétaires agricoles de l’année civile en cours et inclus lorsqu’ils sont réalisés (voir «Réalisation des recettes différées» dans le tableau des recettes monétaires agricoles).

Les paiements de programme sont les paiements liés à la production agricole courante et versés directement aux agriculteurs, tels que les paiements versés dans le cadre du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole, en vertu de la Loi sur l’assurance-récolte et des programmes provinciaux de stabilisation. La série des paiements de programmes ne vise pas à englober tous les paiements versés aux agriculteurs et ne représente pas la totalité des dépenses publiques se rapportant à tous les programmes d’aide.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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