Recherche sur les buses à faible dérive

Ottawa (Ontario), mars 2003 – Les agriculteurs canadiens ont à coeur la protection de nos voies d’eau. Et l’une des mesures de protection, la meilleure et la plus simple qu’ils utilisent de plus en plus souvent, tient dans une nouvelle technologie qui connaît maintenant une très vaste popularité.

Il s’agit de ce que l’on appelle une buse à faible dérive, fondamentalement une buse spéciale attachée à un pulvérisateur qui empêche un entraînement du brouillard de pesticide des champs et la contamination des voies d’eau avoisinantes. Aux dires d’un spécialiste en technologie de pulvérisation d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), le Dr Thomas Wolf, « il s’agit de la chose la plus excitante que j’aie jamais utilisée. »

D’après le Dr Wolf, qui travaille au Centre de recherche de Saskatoon d’AAC, où il coordonne une étude de cinq ans sur l’efficacité des pulvérisateurs à faible dérive, la technologie de production de brouillards à faible dérive existe depuis près de 30 ans, mais c’est seulement au cours des cinq dernières années à peu près que son utilisation connaît un regain d’intérêt. Aujourd’hui, à ce qu’il dit, on note un désir grandissant de tout faire pour protéger les terres et les eaux du Canada. « Elle fait drôlement recette », dit-il.

« Notre travail de collaboration avec les universités, le secteur de la défense des végétaux dans son ensemble et également l’Administration du rétablissement agricole des Prairies et l’Institut national de recherche sur les eaux a révélé que les buses à faible dérive, qui produisent de plus grosses gouttes moins facilement entraînables, peuvent réduire considérablement la dérive du brouillard de pulvérisation avec le vent, explique le Dr Wolf. Dans certains cas, nous avons noté une réduction de 95 pour cent de la dérive. »

Bien que le chercheur admette que les buses à faible dérive soient quelque peu plus coûteuses que les buses traditionnelles, le coût global lors de l’achat d’un épandeur est négligeable, et les avantages pour l’environnement sont appréciables. « Le rendement de l’investissement est énorme ici », ajoute-t-il.

Les recherches dirigées par AAC sont à l’origine de l’intensification de l’utilisation de la technologie à faible dérive par un nombre grandissant d’agriculteurs à l’échelle nationale. Les producteurs se sont montrés prudents face à l’adoption de nouvelles technologies de pulvérisation en raison de craintes sur la couverture de la pulvérisation et de la lutte antiparasitaire subséquente. Cependant, des expériences positives par des voisins ou des données de recherche objectives les convaincront du contraire.

Les résultats de recherches effectuées sur l’ensemble du territoire canadien montrent qu’il existe une différence, faible ou nulle, dans l’efficacité des pesticides lorsqu’on utilise des pulvérisateurs à faible dérive. « Lorsqu’il existe des problèmes de couverture, ils peuvent être réglés par une sélection appropriée de la buse, de la pression et du volume du support, explique-t-il. Une bonne partie de mon travail consiste à consulter les opérateurs pour les aider à faire le bon choix de buses à faible dérive.

« Les gens sont conscients du problème que constitue la dérive, mentionne le Dr Wolf. Les producteurs ne veulent pas choquer leurs voisins ni polluer l’environnement. »

Aider les agriculteurs canadiens à renforcer le rôle de l’agriculture en préservant l’environnement grâce à des efforts visant à améliorer la qualité de l’eau, du sol et de l’air ainsi que des habitats fauniques est l’un des éléments clés du nouveau Cadre stratégique pour l’agriculture. Le Cadre a pour objet de faire du Canada le chef de file mondial en matière de salubrité et de qualité des aliments, d’innovation et de production respectueuse de l’environnement.

Le Dr Wolf soutient qu’il est un partisan « convaincu » de l’utilisation des pulvérisateurs à faible dérive et qu’il est persuadé que c’est là la voie de l’avenir.

« Il ne semble pas y avoir de fin à l’intérêt manifesté par les producteurs et le secteur de la défense des végétaux pour l’application sans risque d’agents de protection des cultures, déclare-t-il. Les changements en profondeur peuvent souvent être très lents. Mais le taux d’adoption des pulvérisateurs à faible dérive a grimpé jusqu’à 60 pour cent dans certains secteurs, ces dernières années, en grande partie parce qu’ils s’accompagnent d’améliorations très concrètes. Tout cela s’est produit sans mandat du gouvernement… Les avantages sont manifestes. »

Le Centre de recherche de Saskatoon conduit des recherches sur les cultures en vertu d’un engagement à long terme envers l’industrie agroalimentaire de l’Ouest du Canada. Les programmes de recherches du Centre vont de l’amélioration du matériel génétique des cultures oléagineuses et fourragères à l’élaboration de pratiques de cultures agricoles et de protection phytosanitaire pour la région de la prairie-parc, en passant par les processus et produits qui élargissent l’utilisation des cultures des Prairies ainsi que la conservation et distribution de matériel génétique divers par Ressources phytogénétiques du Canada, et production de documents sur la question.

La Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, coïncide avec les célébrations qui feront de 2003 l’Année internationale de l’eau douce. Le thème de cette année, « L’eau pour l’avenir », demande à tout à chacun d’adopter des approches durables de l’utilisation de l’eau au profit des générations futures.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Commentaires