Récolter le maïs dans la neige, tout un défi

Jocelyn Michon a vécu 46 automnes de battage. C’est la première fois que la neige lui pose un tel défi

De mémoire de producteur, 2019 est la pire année qu’on ait eu pour récolter du maïs grain. Il y a eu des années où la pluie a retardé les battages. D’autres où le maïs n’a pas eu le temps d’atteindre sa maturité avant le premier gel mortel. D’autres encore où une chute de neige a interrompu momentanément la récolte. Mais 2019 a ceci de particulier qu’elle cumule tous ces problèmes. C’est la tempête parfaite, pour utiliser une expression à la mode.

«Ça m’aura permis d’apprendre à battre du maïs dans la neige», lance Jocelyn Michon, un sourire en coin. Un exercice que le producteur bien connu de La Présentation n’avait jamais eu à faire en 46 ans de carrière.

«Comme le maïs a versé à certains endroits, il fallait garder le nez de la batteuse un peu bas, ce qui fait qu’on ramassait de la neige», explique-t-il. La solution a surgi par hasard. «Quand on a battu de nuit, raconte-t-il, il faisait huit degrés sous zéro. La neige était sèche et elle passait tout droit dans la batteuse. Il en restait un peu dans le grain, mais la majeure partie sortait derrière. Par contre, au matin, quand le temps s’est réchauffé, on a dû arrêter de battre parce que la neige est devenue plus lourde et qu’elle bouchait les grilles. Il a fallu rentrer la batteuse et tout nettoyer.»

«Je dirais qu’à partir de moins quatre degrés, par temps ensoleillé, ca ne fonctionne plus», conclut-il.

Le producteur tire une seconde leçon de ces conditions météorologiques défavorables. «On a fait l’erreur de stocker le grain dans un silo à fond plat, décrit-il. Le maïs a figé et le moment venu, on n’a pas été capable de le sortir. Il s’est formé un dome au-dessus de la trappe. Pour résoudre le problème, on a installé le cochon devant le ventilateur. Au bout de six heures, le maïs a décollé et on a pu sortir un voyage. Le lendemain, par contre, quand on a voulu sortir du grain de nouveau, ça ne marchait plus. Il s’était formé un puit qu’il a fallu défaire à la pelle. C’était figé solide. On pouvait marcher sur le grain.» Si la situation se produit de nouveau, Jocelyn Michon a l’intention de stocker son maïs sur une dalle hors du silo, et d’en faire la reprise au tracteur.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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