Renaître grâce au blé du Québec

Ça joue dur dans le marché du pain tranché. Pour se démarquer (et pour survivre!), l’une des rares boulangeries industrielles de propriété familiale au Québec mise sur le blé de nos agriculteurs.

Raymond et Guillaume Tardif, copropriétaires de la Boulangerie Auger. PHOTO : André Dumont

Quand Raymond Talbot et son fils Guillaume ont acquis la Boulangerie Auger en 2006, l’entreprise de Saint-Jérôme était mal en point. « Un an plus tard, on a décidé de faire le virage vers la farine du Québec, raconte Guillaume. C’était pour nous positionner sur le marché, en nous distinguant des autres pains tranchés. »

Cinq ans plus tard, Guillaume Talbot affirme haut et fort que l’utilisation de farine produite entièrement avec du blé québécois a été la pierre angulaire de la relance de la Boulangerie Auger, « Je ne suis pas gêné de dire qu’aujourd’hui, nous avons le meilleur pain tranché sur le marché! », lance-t-il.

La semaine dernière, dirigeants et employés de la Boulangerie Auger étaient les invités des Moulins de Soulanges, leur fournisseur de farine de blé québécoise. En plus de visiter les installations de Saint-Polycarpe, chacun a pu prendre place dans une moissonneuse-batteuse en train de récolter du blé qui servira dans leurs recettes de pain.

À l’occasion de cette première expérience d’un chantier de récolte, Guillaume Talbot s’est dit fort impressionné par les deux moissonneuses-batteuses d’Agri-Fusion 2000, avec leurs nez d’une largeur de 40 pieds.

« Le pain est un produit de base et on est capable de faire du très beau blé au Québec, a confié le directeur général de la Boulangerie Auger. On a de superbes terres et elles doivent servir à produire notre propre alimentation, pas seulement celle des animaux. »

Autrement dit : « On a besoin des agriculteurs du Québec, pour faire du blé du Québec, pour avoir du pain du Québec. »

Eh oui : il semble que le blé du Québec donne un meilleur pain! Surtout quand ce blé est cultivé avec le minimum d’intrants chimiques, comme le prescrivent Les Moulins de Soulanges, et que la farine, puis le pain, sont fabriqués de façon naturelle. Le moins on utilise d’agents chimiques, le meilleur est le goût, soutient Guillaume Talbot.

Les pains de la Boulangerie Auger affichent clairement leur provenance québécoise sur leurs emballages, comme moyen de se démarquer des autres grandes marques. Tout en restant sur le marché de masse des pains tranchés, on tente aussi de se distinguer par le goût et les propriétés santé.

Ces dernières années, les recettes ont été améliorées et de nouveaux pains sont nés, comme un « 14 grains » ou « avoine et tournesol ». On innove, pour séduire le consommateur sans le rebuter par un pain qui soit trop « granola ».

« À chaque semaine, nous avons des appels de consommateurs pour nous dire que notre pain est bon, rapporte Guillaume Talbot. Nous avons embauché des employés d’autres boulangeries industrielles et ils n’en reviennent pas qu’on reçoive de tels appels. Eux aussi trouvent notre pain vraiment bon! »

PHOTO : André Dumont

 

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