Reprise dans le porc

La Direction des études et des perspectives économiques du MAPAQ dresse un portrait d’un secteur porcin qui a repris du poil de la bête, dans un BioClip (document PDF) publié la semaine dernière. Malgré un contexte un peu plus reluisant, les producteurs sont loin d’avoir retrouvé les conditions favorables du début des années 2000 et continuent de dépendre des paiements de programmes de soutien.

Ces dernières semaines, les prix payés aux producteurs se sont avérés plutôt bas, alors que le contexte général est à la hausse des coûts de production.

Voici l’analyse que publie le MAPAQ, en fonction des chiffres de 2010 :
Au Québec, la production porcine est le plus important secteur agricole hors de la gestion de l’offre. En 2010, la valeur des recettes monétaires provenant du marché s’est élevée à 1,1 milliard de dollars.

Après quelques années notamment marquées par des épizooties et la fermeture momentanée de certains marchés en raison de la grippe A H1N1, les recettes monétaires ont atteint le cap du milliard de dollars pour la première fois depuis 2005. De plus, les résultats pour les six premiers mois de 2011 indiquent une augmentation de 6 % par rapport à la même période l’an dernier.

Les prix de référence nord-américains du porc profitent de la vigueur de la demande outre-mer ainsi que de la réduction des troupeaux américains observée au cours des récentes années.

Au Québec, il faut remonter à 2004 pour retrouver des prix aussi élevés que ceux enregistrés cet été, soit à une époque où le dollar canadien valait autour de 0,75 dollar américain.

Bien que le prix du porc soit élevé, les conditions de marché demeurent exigeantes pour les éleveurs. Principal poste de dépense des éleveurs de porcs, les coûts de l’alimentation sont plus importants depuis le relèvement structurel du prix des céréales, survenu au cours des dernières années. La conjoncture des prix de vente et des coûts de l’alimentation n’est pas aussi favorable qu’au cours de la première moitié de la dernière décennie.

Paiements aux producteurs
Dans ces circonstances, les programmes gouvernementaux ont aidé les producteurs à supporter les fluctuations de coûts. À cet égard, les éleveurs de porcs au Québec ont pu compter sur un soutien trois fois plus important que les éleveurs ontariens. Exprimés par rapport aux recettes tirées du marché, les paiements de programme ont été de l’ordre de 30 % en moyenne au Québec de 2007 à 2009, comparativement à environ 10 % en Ontario durant cette période.

Dans l’ensemble, on peut s’attendre à ce que le prix élevé des céréales et un taux de change avoisinant la parité avec le dollar américain demeurent des facteurs avec lesquels le secteur aura à composer au cours des prochaines années.

Consultez le BioClip (document PDF), avec ses graphiques.

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