Ligne de temps

Se protéger contre les vols de machineries

Malheureusement, les vols de tracteurs et d’équipements agricoles sont monnaie courante. Il n’est pas rare d’entendre dire qu’une connaissance s’est fait dérober un bien durant la nuit, ou de voir circuler sur les réseaux sociaux un appel à l’aide pour retrouver un tracteur volé.

La recherche de solution est compliquée par le fait que certaines marques de tracteurs sont dotées de clefs universelles. Elles peuvent donc être utilisées sur n’importe quel appareil. Des demandes auprès des manufacturiers pour personnaliser les clefs, comme pour les camions ou les automobiles, ont reçu une fin de non-recevoir, déclare Peter Maurice, le président de l’Association des concessionnaires agricoles canadiens.

En France, le problème est devenu si sérieux que des mesures ont été prises conjointement entre la police et les agriculteurs. Depuis le printemps dernier, des alertes SMS sont émises auprès des agriculteurs abonnés au service dès que la police est avertie que des vols ont lieu dans une région. Le système qui a été mis en place au niveau national a permis de retrouver des équipements volés à des milliers de kilomètres du lieu du vol. Le service a aussi un rôle de prévention et de veille auprès des agriculteurs.

D’autres techniques sont utilisées en France, comme les anti-démarreurs dotés d’un code à six chiffres. Dans cet article, un producteur s’est doté d’un tel appareil. Si l’utilisateur ne rentre pas le bon code de sécurité, le tracteur considère qu’il y a quatre sources de panne identifiées, ce qui empêchent la mise en route du moteur. La saisie du code de sécurité permet de lever les codes déclenchant les pannes et par conséquent, de démarrer le moteur. Autrement, le tracteur reste immobille. Seul bémol, il est toujours possible pour les voleurs de pousser ou de tirer le tracteur pour le hisser sur une remorque en desserrant le frein à main.

Au Québec, il ne semble pas exister de telles mesures de protection. Un appel à ce sujet à l’UPA n’a pas été retourné. Maurice Peter raconte que ses membres se sont penchés sérieusement sur la question au milieu des années 90. Après avoir assisté à une hausse constante des vols dans les garages de machineries, les compagnies d’assurances ont demandé aux propriétaires de prendre des mesures pour endiguer ce fléau. « On a tout essayé : géolocalisation, systèmes d’alarme, caméras, antidémarrage sur les tracteurs, etc. La géolocalisation n’a pas donné les résultats escompté puisque la couverture des réseaux de sans fil est insuffisante en campagne et on perdait le lien. » M.Maurice ajoute que les anti-démarreurs se sont avérés être de grands consommateurs d’énergie, en plus de compliquer les démonstrations aux acheteurs potentiels. « Le moyen le plus efficace a été de clôturer les garages », indique M.Maurice. D’ailleurs, aucun vol n’a été répertorié en 2014.

Le plus simple selon M.Maurice est de ne pas faciliter la vie aux voleurs. « Le mieux est de s’assurer de verrouiller ses équipements et les remises. Il ne faut pas non plus oublier d’enlever les clefs des tracteurs. D’ailleurs, à ce temps-ci de l’année, plusieurs appareils sont débranchés pour l’hiver. Les voleurs risquent de ne pas se rendre très loin! ».

Source: Terre-net, Le Figaro

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires