Sécheresse : mythes et réalité

Marie-Ève Rheault, agronome Pioneer. PHOTO : Le Bulletin des agriculteurs

Il a fait chaud et sec cet été, la pluie se laissant désirer pendant de longues semaines. Au Québec, peut-on parler de conditions de sécheresse, au point d’en affecter le rendement du maïs?

Mardi, lors d’un déjeuner-conférence à l’ouverture d’Expo-Champs, Marie-Ève Rheault, agronome chez Pioneer, a présenté quatre mythes et réalités au sujet de la sécheresse et des rendements de maïs.

1Les feuilles de mon maïs frisent, alors je perds du rendement
Chaque hybride a une tolérance différente à la chaleur et certains auront tendance à friser leurs feuilles plus rapidement pour se protéger des rayons intenses du soleil. Cela n’est pas une réaction à un stress qui se traduit nécessairement par une diminution du rendement, nous assure Marie-Ève Rheault.

« Quand il fait beau et chaud, nous les humains, on se protège avec de la crème solaire, illustre-t-elle. Le maïs fait la même chose : en après-midi, à 34 oC, il protège ses feuilles en réduisant la surface foliaire exposée au soleil. »

Si les feuilles frisent le jour et défrisent la nuit, le champ de maïs ne subit pas un véritable stress. Pendant la nuit, il relocalise ses sucres et son eau comme d’habitude et il n’y a pas de perte de rendement, explique l’agronome de Pioneer.

2 – Les feuilles sont jaunes, je perds du rendement
La sécheresse peut faire jaunir les feuilles, mais encore là, ça ne se reflète pas nécessairement sur le rendement. Chaque hybride relocalise son énergie différemment. Le jaunissement des feuilles peut aussi être attribuable à une carence en azote ou en potasse.

3 – Mon maïs manque d’eau, alors ma récolte est en danger
Ceci n’est pas nécessairement vrai. Le maïs a certainement manqué d’eau à certains moments pendant la saison en cours, mais l’impact de la sécheresse dépend du stade de croissance du maïs.

La floraison – ou pollinisation – est le stade le plus critique, rappelle Marie-Ève Rheault. Cette année, en supposant qu’elle s’est produite autour du 17 juillet, on peut constater que sur le sud du Québec, il a plu à quelques reprises dans les deux semaines avant et après cette date. « On voit des épis qui sont bien formés et dont le rendement n’est pas tellement affecté. »

4 – Il fait chaud, mon maïs aime ça.
C’est vrai que le maïs est une plante qui aime la chaleur, mais à 34 oC ou plus, ça commence à être trop chaud!

« J’estime qu’on n’a pas connu de sécheresse extrême au Québec cet été, conclut Marie-Ève Rheault. Il a plu au bon moment et la pollinisation s’est bien déroulée. »

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