Semis jour et nuit

Certains ont terminé. Ouf! D’autres achèvent de semer leur maïs et sont bien avancés dans le soya. La pluie prévue jeudi après-midi et vendredi les obligera à s’arrêter.

Heureusement, dans le sud du Québec, les semis ont beaucoup avancé cette semaine. Il y a cependant encore des retards importants dans le sud-ouest de la Montérégie.

Mercredi midi, René-Carl Martin semait du maïs en face du golf de Sainte-Madelaine. PHOTO : André Dumont

Mercredi midi, René-Carl Martin semait du maïs en face du golf de Sainte-Madeleine. PHOTO : André Dumont

Les averses dans la nuit de vendredi à samedi la semaine dernière ont imposé un repos forcé aux producteurs. Les précipitations ont toutefois été plus élevées (de 50 à 70 mm) au nord et à l’ouest de Montréal, ainsi que dans Lanaudière, de sorte que les travaux aux champs n’ont pu reprendre que lundi ou mardi. Ailleurs, certains producteurs « ouvraient » déjà des champs dimanche après-midi.

Ce jeudi, bon nombre de petits producteurs avaient terminé leurs semis. Chez les plus gros, il restait une à deux journées de maïs et le soya était semé à 60 %. « Sur la rive nord du Saint-Laurent et dans les Bois-Francs, le maïs est fini à 90 % et les gars sont embrayés à fond dans le soya », rapporte Philippe Defoy, agronome chez Semences Pride.

Des retards s’observent cependant dans le secteur de Champlain et Sainte-Anne-de-la-Pérade, où les rives du Saint-Laurent font monter la nappe phréatique et les champs demeurent humides.

La situation est également moins rose entre Saint-Jean-sur-Richelieu et la frontière américaine. Le gel aurait été particulièrement profond cet hiver et le sol tarde à se réchauffer.

À Saint-Polycarpe, dans l’ouest de la Montérégie, le producteur Michel Sauvé s’en tire assez bien. « Je suis en zone till et je n’ai pas les conditions que j’aurais aimées pour semer, dit-il. Je choisis mes champs et il me reste environ une journée de maïs ».

Ce n’est que lundi que les semis se sont enclenchés à plein régime chez Michel Sauvé. La semaine précédente, il devait se limiter aux quelques champs suffisamment secs. « Cette année, on dirait qu’il nous manque toujours la troisième journée d’ensoleillement (pour que les conditions soient idéales) », a-t-il confié.

La course avant la pluie
Si les semis sont si avancés par endroits, c’est justement parce qu’il menace de pleuvoir, estime Philippe Defoy. De nombreux producteurs ont travaillé jour et nuit en croyant qu’il allait pleuvoir et à défaut que la pluie tombe, ils ont continué!

La course au remplacement des hybrides les plus tardifs pour des hybrides plus hâtifs n’aura finalement pas lieu. Philippe Defoy a eu très peu de demandes de la part de clients de Semences Pride sur son territoire. « Les mentalités changent, dit-il. Depuis quelques années, les producteurs poussent la note avec les UTM et ça semble toujours fonctionner, alors ils changent moins leurs variétés quand les semis sont retardés. »

Même si en 2013, les semis s’étaient déroulés un bon deux semaines plus tôt, Philippe Defoy croit qu’il n’y aura pas véritablement de retard dans la croissance du maïs cette année. « En 2013, il avait fait froid et humide après les semis et le maïs avait mis deux semaines à sortir. Cette année, le sol est chaud et suffisamment humide pour qu’il pointe après quatre jours. D’après moi, à la mi-juin, le maïs sera au même stade que l’an passé. »

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