Stéphane Gendron raconte «La détresse au bout du rang»

Le documentaire sera disponible le 27 mars sur Crave

Bien connu pour avoir été maire d’Huntingdon et animateur de radio, Stéphane Gendron a les deux pieds dans la ruralité puisqu’il a lancé une petite exploitation agricole il y a un an. Il y a une dizaine d’années, il a développé une autre passion : les documentaires. Chaque deux ou trois ans, il en élabore un nouveau.

Le plus récent touche un sujet très sensible : la détresse chez les agriculteurs. Le documentaire La détresse au bout durang sera diffusé le 27 mars sur Crave et à l’automne sur le Canal D.

En entrevue, Stéphane Gendron explique que le sujet lui est venu suite à un autre documentaire sur la dévitalisation dans le milieu agricole dans lequel il a été confronté au suicide d’un agriculteur. C’était il y a une dizaine d’années et le sujet lui trottait dans la tête. Il a lancé un appel à tous sur les réseaux sociaux et les témoignages se sont succédés plus tristes les uns que les autres.

Le partenaire du documentaire, Bell Média, également initiateur de la journée sur la santé mentale «Bell Cause pour la cause» a embarqué sans hésiter.

Trois agriculteurs

Le documentaire présente trois histoires. Une productrice laitière, Geneviève, mère de six enfants a failli se suicider après la séparation d’avec son conjoint. On l’entend nous raconter son dur combat pour s’en sortir, sauver sa ferme et permettre à sa fille de prendre la relève.

De leur côté, Marco et Diane sont sereins face à leur décision de faire encan de leurs vaches, leur quota et leurs équipements. Ils racontent comment ils se sentent face à leur décision. On les voit la veille et le jour de l’encan. Des moments déchirants.

Caroline a vécu la tristesse de devoir continuer son entreprise sans son conjoint Jean-François qui était l’âme de l’entreprise, une fromagerie prospère faisant travailler 10 personnes. Elle nous raconte avec émotion le triste soir du party de Noël 2018.

En plus de ces témoignages, Stéphane Gendron explique sa démarche. Il raconte notamment avoir fait venir 3200 rapports de suicide de coroner. Il a été à même de constater que dans le secteur agricole, il y a deux fois plus de suicide que dans la population en général. Il a aussi rencontré la psychologue Pierrette Desrosiers et des agriculteurs qui ont accepté d’ouvrir leur coeur.

On n’en parle pas assez

Questionné à savoir quel est le plus grand problème de la détresse en agriculture, Stéphane Gendron explique que les causes sont multiples. Ce qui incite à poser le geste fatal n’a pas toujours un lien avec l’agriculture. Il y a souvent un élément déclencheur. Toutefois, en agriculture, il y a souvent de l’épuisement professionnel parce que la ferme est toujours là et que malgré la détresse, l’agriculteur va continuer de traire ses vaches, récolter ses champs. «C’est souvent des gouttes qui font déborder le vase», dit Stéphane Gendron.

Selon lui, la solution à la détresse psychologique passe par une plus grande ouverture sur le sujet. «Parlez-en!, dit Stéphane Gendron. Il n’y a pas de gêne à pleurer.»

Selon lui, il faut davantage d’argent et de ressources pour aider. Il aimerait que ce soit couvert par l’assurance-maladie comme les maladies physiques.

Un outil pédagogique

Stéphane Gendron souhaite que son documentaire devienne un outil pédagogique et qu’il fasse partie de projections en groupes. Il y a d’ailleurs des présentations en salle qui sont en préparation pour l’automne prochain. «On veut faire une tournée», dit-il.

Il espère qu’après le visionnement, les gens vont avoir une discussion entre eux sur le sujet.

Pour voir la bande-annonce, cliquez ce lien.

Et si le sujet vous interpelle au point d’avoir besoin d’aide, voici des ressources pour vous :

La ligne APPELLE : 1 866 277-3553, aide et écoute 24h/7j, pour l’ensemble du Québec

Au Cœur des familles agricoles (ACFA) : 450 768-6995

Écoute agricole des Laurentides : 514 929-2476

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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