Tournée des grandes cultures: un potentiel plus grand qu’en 2016

Contre toute attente, la saison 2017 au Québec a le potentiel de dépasser en rendement l’année 2016 qui avait été une année record pour le maïs au Québec. C’est le constat surprenant qui se dégage de la dernière Tournée des grandes cultures qui s’est déroulée du mardi 5 septembre au jeudi 7 septembre dans toute la Montérégie.

« Les épis de maïs sont plus longs et contiennent plus de grains que ceux de l’an dernier », indique Jean-Philippe Boucher, organisateur de la Tournée. Selon lui, c’est le signe que la période de pollinisation a bénéficié de conditions favorables cette année malgré la pluie, ce qui correspond à l’adage anglais de rain makes grain (la pluie produit des grains). L’observation vaut aussi pour le soya, bien que de manière moins marquée. Les bénévoles ont observés dans certains champs plus de gousses mais moins de plants.

« S’il fait beau et chaud pendant le prochain mois, on pourrait obtenir un rendement plus grand qu’en 2016, mais on sait tous que c’est quasi-impossible que ça se produise », ajoute toutefois M.Boucher.

Il serait en effet bien difficile pour les cultures de renouveler l’exploit de 2016 puisque comme c’est le cas depuis le printemps, elles accusent un retard de croissance. Alors que la Financière agricole parle dans son dernier rapport sur l’état des cultures d’un retard de quelques jours à une semaine, la Tournée a plutôt observé un décalage de deux à trois semaines sur le calendrier habituel. Dans le cas du maïs, certains épis sont encore au stade laiteux, ou en transition vers le stade pâteux. De plus, il serait surprenant d’assister à un automne parfait du point de vue de la météo.

« Les plants sont étiolés et sont plus en mode végétatif », ajoute M.Boucher. « Pour le soya par exemple, on a l’impression de la route que le champs est beau, vert et bien fourni mais quand on fait le décompte, il n’y a pas autant de gousses qu’espéré sur les plants ».

Les bénévoles qui ont fait les inspections sur le terrain ont aussi relevé de nombreuses traces de maladies dans le soya: sclérotina, rouille et tâches foliaires. Le maïs présente peu de trace de maladie pour sa part. Quant aux insectes, ils sont discrets, si ce n’est le nombre élevé de chenilles belle dame.

Le printemps et l’été pluvieux a aussi permis de faire ressortir des problèmes d’ordre plus structurels ou agronomiques. Certains champs montrent des carences en azote en raison des lessivages causés par les pluies abondantes. Les problèmes de drainage ou de compaction sont également plus apparents.

Les observations ont de plus été uniformes pour l’ensemble de la Montérégie. Quelques zones semblent mieux s’en tirer, comme à Saint-Hyacinthe ou en Arthabaska. Le Centre-du-Québec aurait aussi un bon potentiel en raison de précipitations moins abondantes qu’ailleurs.

Ne reste plus maintenant à l’équipe de la Tournée des grandes cultures qu’à attendre les récoltes. Après l’examen des champs en pré-récolte, elle souhaite développer son expertise et ses observations au potentiel du poids des grains et au rendement anticipé. Grâce à un protocole qui sera déployé sur deux ans, la Tournée retournera chez 15 à 20 producteurs, ce qui lui permettra de faire davantage de prévisions sur les récoltes.

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