Trop sec?

Maïs semé le 27 avril en Montérégie. PHOTO : Gilbert Brault, Semences Pride
Maïs semé le 27 avril en Montérégie. PHOTO : Gilbert Brault, Semences Pride

Deux semaines consécutives de beau temps en plein dans la période optimale pour semer, c’est tout à fait exceptionnel. Mais est-ce que le temps sec prolongé que nous connaissons actuellement peut nuire au bon développement des cultures?

D’après Gilles Tremblay, agronome et chercheur au CÉROM, les semences qui ont été placées dans la fraîche à deux pouces ou moins de profondeur ont de bonnes chances de germer et de donner des plants en bonne santé.

« L’enracinement devrait bien se faire, croit Gilles Tremblay. Sous les semences, il y a encore amplement d’humidité et les racines pourront se développer sans problème. »

À moyen terme, il n’y aurait donc rien à craindre. Les quelques millimètres de pluie qui tomberont entre mercredi et samedi auront probablement peu d’effet sur l’humidité du sol, sinon que d’atténuer la poussière lors des travaux. Il faudrait encore plusieurs semaines sans pluie avant de voir apparaître des fissures à la surface du sol.

Le soya avant le maïs
Dans l’immédiat, les producteurs qui sont encore en train de semer dans le sud du Québec pourraient avoir avantage à se concentrer sur leur soya, quitte à terminer leur maïs après le prochain épisode de pluie, suggère Gilles Tremblay.

La semence de maïs doit absolument être déposée contre de la terre humide et il n’est pas recommandé de semer à plus de deux pouces de profondeur, explique-t-il. Cependant, un grain de soya déposé dans un sol sans humidité dans les premiers 10 cm de sol pourra très bien germer lorsque la pluie viendra humidifier la terre.

La saison en cours sera avantageuse pour les producteurs en semis direct, croit l’agronome. Il se réjouit aussi à l’effet que cette saison rendra la vie facile à ceux pour qui cette pratique est encore nouvelle. Le semis direct a comme avantage de mieux conserver l’humidité du sol, ce qui s’avère très utile en ce printemps sec.

« C’est le travail du sol, bien plus que le soleil, qui assèche le sol », explique Gilles Tremblay. Cette année, les travaux de préparation du sol en régie conventionnelle ont pour effet s’assécher encore plus un sol déjà très sec.

Si des pluies significatives devaient tarder à arriver en ce mois de mai, les semences se mettraient en mode « attente », ce qui n’est pas particulièrement nuisible à des cultures comme le maïs, le soya ou les petites céréales. Par contre, le blé qui germe tard risque d’arriver à maturité en période de canicule humide, ce qui le rendra plus vulnérable à la fusariose.

Déjà, on voit émerger le blé et une partie du maïs et du soya qui ont été semés vers la fin d’avril au Québec. S’il y a peu de pluie au courant du mois de mai, les systèmes racinaires se développeront en profondeur, ce qui, comme l’an passé, pourrait aider les plants à mieux traverser des périodes sèches pendant l’été.

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