Étude : Blessures au travail

Ottawa (Ontario), 10 juillet 2007 – En 2003, environ 630 000 Canadiens, dont près des trois quarts étaient des hommes et près des trois quarts, des cols bleus, ont subi au moins une blessure non mortelle au travail causant une limitation des activités, selon une nouvelle étude.

L’étude, publiée aujourd’hui dans Rapports sur la santé, est fondée sur des données provenant de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2003. Elle permet d’analyser la situation en ce qui a trait aux blessures subies au travail et d’examiner les associations entre ces blessures et certains aspects de la vie personnelle et professionnelle.

Selon l’enquête, environ 460 000 hommes, soit 5 % de la main-d’oeuvre masculine, ont subi une blessure au travail, comparativement à 170 000 femmes, soit 2 % de la main-d’oeuvre féminine. Cela représente un taux global de blessure au travail de 4 %.

Les blessures au travail représentent une part importante de la totalité des blessures. Parmi les adultes occupés ayant subi au moins une blessure causant une limitation des activités en 2003, 28 % ont déclaré avoir subi leur blessure la plus grave (suffisamment grave pour limiter leurs activités normales) au travail.

Les cols bleus courent un plus grand risque
Naturellement, les blessures au travail étaient plus fréquentes chez les «cols bleus» que chez les «cols blancs».

Près de 1 travailleur sur 10 (9 %) de la catégorie des métiers, du transport et de la machinerie a subi une blessure au travail. Cela représente plus de quatre fois le taux observé chez les personnes de la désignation des cols blancs (2 %), c’est-à-dire dans les affaires, la finance, l’administration, l’enseignement ou la religion.

Le taux de blessure au travail était également supérieur à la moyenne nationale (4 %) parmi les travailleurs dans la transformation et la fabrication (7,2 %) et dans les industries primaires (6,6 %). En outre, chez les femmes, la probabilité de se blesser était plus élevée dans le secteur des ventes et des services que pour la moyenne.

Les machinistes et le personnel du formage et du profilage du métal comptaient parmi les travailleurs les plus à risque de blessure, 13 % d’entre eux ayant subi au moins une blessure au cours de leur travail en 2003.

Dans toutes les catégories professionnelles, les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de subir une blessure. Chez les cols bleus, les hommes ont subi près de deux fois plus de blessures que les femmes. Même chez les cols blancs, dans certains secteurs d’activité, y compris la gestion, les affaires et la finance, ainsi que la santé, le taux de blessure chez les hommes a atteint le double de celui de leurs compagnes de travail.

Le travail par quarts et le travail éreintant (caractéristiques inhérentes aux professions de cols bleus) étaient associés à un risque de blessure plus élevé.

Près de 3 travailleurs sur 10 subissent une blessure aux mains
Près de 28 % de toutes les blessures liées au travail survenues en 2003 touchaient la main. Elles étaient suivies des blessures au bas du dos, qui constituaient 16 % des blessures. Parmi les travailleurs de la catégorie des ventes et des services, les blessures à la main représentaient le tiers de la totalité des blessures, tandis que chez les cols blancs, les blessures au bas du dos étaient le plus souvent mentionnées.

Le type de blessure professionnelle survenant le plus fréquemment était les entorses ou les foulures, suivies des coupures, puis des fractures. Les entorses ou les foulures étaient plus répandues chez les cols blancs que chez l’ensemble des travailleurs.

Les fractures représentaient 19 % des blessures des travailleurs de l’agriculture, de la foresterie et de d’autres industries primaires, ce qui dépasse significativement le taux de 11 % observé pour l’ensemble des travailleurs.

Les brûlures constituaient presque 15 % des blessures dans la catégorie des ventes et des services, ce qui est significativement plus élevé que dans tout autre groupe professionnel. Pour cette catégorie, le risque de blessure était démesurément élevé chez les personnes occupant un emploi de chef ou de cuisinier.

Près de la moitié des blessures au travail découlaient des efforts trop intenses ou des mouvements ardus, d’une part, et des chutes, d’autre part.

L’âge, le revenu et le nombre d’heures de travail sont associés au risque de blessure chez les hommes
Environ 6 % des hommes qui étaient âgés de 18 à 34 ans avaient subi une blessure au travail, comparativement à 5,4 % des hommes de 35 à 44 ans, cette tranche d’âge constituant le deuxième groupe le plus à risque. Aux âges plus avancés, le risque de blessure au travail diminuait davantage.

Les hommes touchant moins de 60 000 $ par année étaient plus susceptibles de se blesser au travail que ceux dont le revenu était égal ou supérieur à ce montant.

Le nombre d’heures travaillées a également entraîné d’importantes conséquences. Comparativement aux hommes qui travaillaient moins de 35 heures par semaine, ceux qui travaillaient de 45 à 79 heures par semaine ont affiché une cote exprimant le risque de se blesser de 40 % supérieure, tandis que ceux qui travaillaient 80 heures ou plus par semaine ont obtenu une cote près de deux fois plus élevée.

Chez les femmes, l’âge, le revenu ou le nombre d’heures de travail n’étaient pas associés au risque de se blesser. Par contre, chez les femmes ayant déclaré que leur travail était «extrêmement» stressant, la cote exprimant le risque de blessure était près de trois fois plus élevée que pour les femmes pour qui le travail était moins stressant. Ce constat se répétait même lorsqu’on tenait compte de l’influence du stress dans la vie quotidienne.

De même, la cote exprimant le risque de se blesser au travail était plus élevée pour les femmes occupant plus d’un emploi que pour celles qui occupaient un seul emploi.

Chez les hommes, aucune corrélation ne s’est dégagée entre les blessures au travail et le nombre d’emplois, d’une part, ou le niveau de stress au travail, d’autre part.

Les femmes obèses ont montré une cote exprimant un risque de blessure presque deux fois plus élevée que celles dont le poids était situé dans la fourchette normale, association qui ne s’est pas dégagée chez les hommes. Toutefois, les hommes occupés de race blanche étaient plus portés à se blesser au travail que leurs homologues non blancs, différence qui n’a pas été observée entre les femmes de race blanche et celles d’autres races.

L’usage du tabac et les problèmes de santé chroniques sont associés à un risque accru
Les personnes qui fumaient tous les jours étaient plus susceptibles de subir une blessure au travail que les personnes qui fumaient à l’occasion ou pas du tout. Chez les femmes, on note presque deux fois plus de cas de blessures parmi celles qui fumaient tous les jours (3,5 %) que parmi celles qui fumaient à l’occasion ou pas du tout (1,9 %).

Les travailleurs ayant déclaré être atteint de trois problèmes de santé chroniques ou plus étaient plus enclins à se blesser au travail que ceux ayant déclaré moins de problèmes chroniques, voire aucun. La migraine, l’arthrite et l’hypersensibilité chimique multiple sont quelques-uns des problèmes de santé associés au risque de blessure.

La majorité a recherché des soins
Les deux tiers des personnes blessées au travail ont recherché des soins.

La grande majorité (51 %) des personnes blessées ont reçu des soins dans un service d’urgence. Les deuxième et troisième établissements de traitement les plus fréquentés étaient les bureaux de médecin (21 %) et les cliniques (20 %).

L’article intitulé «Accidents du travail», qui fait partie de la diffusion en ligne d’aujourd’hui de la publication Rapports sur la santé (82-003-XWF, gratuite), est maintenant accessible à partir du module Publications de notre site Web.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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