Un colloque sur l’Agriculture soutenue par la communauté

Montréal (Québec), 23 octobre 2000 – À une époque où un grand nombre d’agriculteurs se sentent contraints d’emprunter la route conventionnelle des « méga-fermes » pour survivre, certains fermiers recherchent des moyens innovateurs d’opérer de façon rentable leur ferme familiale. À une époque où les consommateurs sont poussés vers les « méga-magasins », certains consommateurs cherchent une façon différente de faire leur épicerie, un moyen de renouer avec la source de leur alimentation.

De plus en plus de fermiers et de consommateurs à travers l’Amérique du Nord choisissent l’Agriculture soutenue par la communauté comme solution à leurs préoccupations d’agriculture écologique, de protection de l’environnement et d’alimentation saine. Le concept de l’Agriculture soutenue par la communauté est assez simple: les consommateurs deviennent « partenaires » d’une ferme en achetant au printemps une part de la récolte, pour recevoir par la suite à chaque semaine un panier de produits biologiques diversifiés (principalement des légumes) venant de leur ferme. Le fermier ou la fermière effectue généralement ses livraisons a un endroit appelé le « point de chute », endroit central dans la communauté du groupe de partenaires, bien que certaines fermes offrent un service de livraison à domicile.

L’ASC permet aux fermes d’obtenir une avance de fonds au début de la saison et de mieux planifier leur production. Comme le souligne François Labelle, de la Ferme de la Colline située à Labelle, « Avec le système des paniers biologiques de l’ASC, une bonne partie de notre production est vendue à l’avance. De plus, nous pouvons développer une relation à long terme avec nos clients. » Les consommateurs, de leur côté, peuvent avoir confiance dans les aliments biologiques qu’ils retrouvent dans leur panier : pas de résidus de pesticides et pas d’OGM.

Plus d’une centaine de fermes pratiquent l’ASQ à travers le Canada, dont 46 au Québec, et des milliers de consommateurs s’approvisionnent en produits biologiques de cette façon. Afin de créer une opportunité de rencontre et d’échange pour les personnes impliquées dans les projets d’ASC, Équiterre organise un colloque sur l’Agriculture soutenue par la communauté, intitulé Je cultive, tu manges, nous partageons.

Cet événement unique aura lieu dans les Laurentides du 16 au 18 novembre prochain. Équiterre prévoit attirer 200 fermiers, partenaires, travailleurs communautaires, représentants d’entreprises, et représentants d’instances gouvernementales. « Nous espérons donner un nouvel élan au développement de l’Agriculture soutenue par la communauté au Québec et au Canada », explique Elizabeth Hunter, coordonnatrice des projets agricoles chez Équiterre. « Le colloque constituera une occasion privilégiée pour que fermiers et partenaires puissent s’informer et échanger sur leur expérience respective. »

Le menu des ateliers est varié, avec des sujets tels que la viabilité économique de l’ASC, le rôle des partenaires dans la réussite des projets d’ASC et les façons de bâtir des liens entre les projets d’ASC et des groupes communautaires. Parmi les conférenciers principaux, on compte notamment José Bové, agriculteur français et membre de la Confédération Paysanne, ainsi qu’Elizabeth Henderson, pionnière du mouvement de I’ASC aux États-Unis et auteure du récent livre Sharing the harvest, traitant de mouvement de I’ASC aux États-Unis.

Ce colloque est une initiative d’Équiterre, un organisme basé à Montréal qui est voué à la promotion de choix écologiques et socialement équitables. Équiterre coordonne le réseau des projets de l’Agriculture soutenue par la communauté au Québec depuis sa création en 1996.

Pour recevoir plus d’information sur le colloque, on peut communiquer avec Équiterre par courrier électronique à l’adresse [email protected] ou encore par téléphone au (514) 522-2000 poste 30.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Équiterre

http://www.equiterre.qc.ca/

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