Un ministre turc accuse les pays voisins de cacher la grippe aviaire

Ankara (Turquie), 20 janvier 2006 – Les autorités turques ont affirmé que certains pays voisins cachaient la présence de la maladie sur leur territoire, sans les nommer, tandis que le gouvernement annonçait une série de mesures pour venir en aide au secteur agonisant de la volaille.

« La présence de la maladie dans plusieurs autres pays, dont des voisins dirigés par des régimes fermés, est connu par des voies non-officielles mais ces pays ne le font pas savoir ouvertement », a dit le ministre de l’Agriculutre Mehdi Eker devant les gouverneurs des 81 provinces du pays réunis à Ankara pour faire le point sur la crise.

M. Eker a demandé aux gouverneurs des provinces frontalières d’« agir en fonction de cette situation », sans préciser de quels pays il s’agissait.

La Turquie, où quatre personnes ont été tuées par le virus H5N1 de la grippe aviaire dans l’est, partage dans cette zone une frontière avec l’Arménie, la Géorgie et l’Iran.

Le virus a également été détecté dans des provinces du sud-est limitrophes de la Syrie.

Cinq enfants de Dogubeyazit (extrême-est), d’où sont originaires les quatre victimes turques, ont été amenés vendredi à un hôpital de la ville d’Agri, à une centaine de kilomètres à l’ouest, après avoir présenté des symptômes proches de la grippe aviaire, a rapporté l’agence Anatolie.

La présence de la souche H5 a été confirmée dans 13 provinces et elle est soupçonnée dans 25 autres, selon le dernier bilan du centre de crise, montrant ainsi que l’épizootie n’est pas encore jugulée.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime toutefois que le nombre des cas de contaminations humaines par le virus H5N1 devrait diminuer dans le pays.

Une équipe d’experts américains, venue enquêter sur le terrain pour évaluer l’aide à apporter à la Turquie, devait se rendre vendredi à Erzurum (est) avant de quitter la Turquie pour une tournée dans les pays voisins du Caucase.

A Ankara, le gouvernement a annoncé une série de mesures urgentes en faveur des producteurs, durement frappés par la crise de la grippe aviaire qui a fait plonger d’au moins 70% la consommation de la volaille.

Le coût de ces mesures est estimé à au moins 33 millions d’euros (environ 40 millions de dollars) pour le budget, a déclaré le vice-Premier ministre Abdüllatif Sener.

Une « zone de protection » de cinq kilomètres de diamètre sera établie autour des fermes d’élevage industriel pour éviter une contamination par les oiseaux sauvages, a encore dit M. Sener.

Le secteur génère un chiffre d’affaires de près de 3 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) par an et constitue une source de revenus pour environ 500 000 éleveurs, transporteurs et autres détaillants.

Le ministre turc de la Santé Secep Akdag a appelé pour sa part à un « changement culturel » pour arrêter la propagation du virus, dans un entretien au quotidien Milliyet.

« La solution définitive et permanente serait de massacrer tous les volatiles élevés dans les arrière-cours et d’arrêter ce type d’élevage », répandu dans tout le pays y compris au coeur des grandes villes, a-t-il souligné.

Les autorités ont déjà fait abattre plus d’un million de volailles et mènent une active campagne d’information dans les médias.

Sur les 21 contaminés, 19 sont des enfants âgés de 2 à 18 ans, dont 4 sont décédés.

Le virus s’est transmis par contact avec des volatiles malades d’autant plus facilement que les enfants jouent souvent avec les poulets et que la tâche de les tuer pour les cuisiner revient souvent aux adolescentes.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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