Un pas dans le règlement du conflit sino-américain

La Chine annonce des exemptions dans sa ronde de tarifs, dont le porc et le soya américain

Après plus d’un an d’escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis, une nouvelle encourageante semble annoncer un un retour de la discussion entre les deux géants économique. La Chine a fait savoir vendredi qu’elle excluait de sa dernière hausse de tarifs deux denrées agricoles importantes, soient le soya et la viande de porc. Les États-Unis ont aussi fait des déclarations dans le sens d’un apaisement des tensions en retardant une augmentation des droits de douane sur certains produits chinois. La Chine a par ailleurs renouvelé ses achats de produits agricoles américains, dont des commandes de soya cette semaine.

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La Chine avait imposé des droits de douane supplémentaires de 25% sur les produits agricoles américains, dont le soya et le porc, en juillet 2018. Elle avait augmenté les droits de douane sur le soya de 5% supplémentaires et sur le porc de 10% supplémentaires le 1er septembre.

“La Chine soutient les entreprises concernées qui achètent aujourd’hui certaines quantités de soya, de porc et d’autres produits agricoles conformément aux principes du marché et aux règles de l’OMC”, a déclaré l’agence de presse officielle de la Chine, Xinhua, ajoutant que la Commission du tarif douanier du Conseil des Affaires d’Etat de Chine exclurait des droits de douane supplémentaires sur ces produits.

La Chine a multiplié les ententes avec différents pays, tels que la Russie et le Brésil pour s’approvisionner en céréales et en viande. Une épidémie de peste porcine africaine, qui a réduit d’un tiers le cheptel porcin chinois depuis le milieu de 2018, a propulsé les prix du porc en Chine à des niveaux records.

L’annonce de la Chine est vue comme une bonne nouvelle puisque la Chine constituait le principal acheteur de soya américain avant le début des hostilités en mai dernier. Le pays avait évité par la suite de s’approvisionner en denrées américaine. Cette démarche devrait aussi relancer les prix du soya et du porc malmenés depuis le conflit.

Victime collatérale du conflit sino-américain, cette détente est également bien perçu de ce côté-ci de la frontière. En raison de la fixation des prix selon les échanges à Chicago, les producteurs canadiens et québécois ont ressenti les contrecoups du conflit. La Presse Canadienne rapportait que la dispute entre la Chine et les États-Unis auraient coputé 100M$ aux producteurs de porc canadiens, une somme qui grimpe à 265M$ en tenant de la baisse du prix du porc canadien depuis plus d’un an, selon Canada Porc International.

Depuis mai 2019, la Chine multiplie les interdictions d’importations de denrées canadiennes. Après le canola, le porc et le boeuf canadien ont l’objet de rappel à la suite d’inspection des autorités chinoises. Le ministère de l’Agroalimentaire et de l’Agriculture du Canada dit poursuivre les discussions afin de reprendre les échanges.

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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