Un « simulateur de pâturage » pour améliorer les systèmes d’élevage

Paris (France), juillet 2002 – On pouvait simuler les sentiments, le pilotage d’un avion de chasse, ou une sortie de route sur un circuit de Formule-1. Il faudra maintenant compter avec un « simulateur de conduite de pâturage ». Un très sérieux logiciel mis au point par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), et destiné à améliorer les systèmes d’élevage.

Les travaux ont été menés par des chercheurs de l’INRA de Toulouse, Rennes et Nancy, en collaboration avec les conseillers agricoles des Chambres d’agriculture de la région Bretagne, où est menée l’expérience.

L’herbe sur laquelle paissent les vaches gagne du terrain. « Les préoccupations en matière d’environnement, la recherche d’une agriculture plus durable amènent les éleveurs à repenser les systèmes d’alimentation, en valorisant au maximum le pâturage », explique l’INRA dans un récent bulletin d’information.

Ce simulateur baptisé SEPATOU, qui exige une solide formation technique et agricole, s’adresse prioritairement aux Chambres d’agriculture et structures spécialisées des conseils généraux ou régionaux.

Son intérêt? Les changements, illustrés par le débat autour de la Politique agricole commune, sont aujourd’hui « quasi-permanents », explique Michel Duru, directeur de recherches à l’INRA-Toulouse, qui participe au programme SEPATOU.

Outil conçu pour aider à « définir, orienter et promouvoir de nouvelles politiques » d’alimentation du bétail « à l’échelle de petites régions », le simulateur permet de prendre en compte la diversité des pratiques des éleveurs, évaluer rapidement l’intérêt de nouveaux scénarios, en intégrant des considérations économiques et politiques comme les quotas par hectare.

« Ce n’est pas un logiciel d’optimisation, pour rechercher la meilleure solution. Là, c’est simplement pour simuler une stratégie d’un éleveur, d’un groupe d’éleveurs, ou de conseillers agricoles », a précisé Michel Duru à l’Associated Press.

« Si un éleveur agrandit sa surface, par exemple, parce qu’une règle réduit la quantité de fertilisants à appliquer », il va procéder par tâtonnements, « chaque essai lui coûtant une année ». Avec SEPATOU, on pourra « faire en accéléré, en l’espace de quelques heures, ce qui prendrait normalement plusieurs années ».

SEPATOU « tourne » sur un ordinateur classique et intègre quantité de données: taille de l’exploitation agricole (par exemple 30 vaches laitières à 7500kg de production annuelle), surface de pâturage (10 parcelles de 1,1 hectare), caractéristique des sols (argileux, sableux), climat, etc.

A partir de tout cela, il peut simuler la croissance de l’herbe et sa qualité, l’ingestion de l’herbe, la production laitière. Il fournit en outre des règles d’organisations et d’adaptation: comment s’adapter aux aléas, notamment du climat, et des règles à suivre pour les décisions au jour le jour.

Les principaux résultats sont des calendriers de pâturage et d’alimentation, et des courbes de production potentielle. On peut ainsi savoir quand il convient de mettre les bêtes à l’herbe, quels compléments (maïs, concentrés) apporter et quand, bref « définir des objectifs compatibles avec ses ressources », note Michel Duru.

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut national de la recherche agronomique (INRA)

http://www.corse.inra.fr/

Commentaires