Un usage judicieux du glyphosate est acceptable

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a publié récemment un communiqué sur cinq pesticides, incluant le glyphosate qui constitue l’ingrédient actif du Roundup. Après avoir passé en revue la littérature sur le sujet, les experts du CIRC ont déclaré que le glyphosate devrait être classé comme une substance du groupe 2A, c’est-à-dire une substance probablement cancérigène pour les humains.

Un bon nombre de groupes environnementaux, y compris l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, soutiennent que la découverte du CIRC prouve que les usages résidentiels et agricoles du glyphosate devraient être bannis.

La Société canadienne du cancert (SCC) a une position plus nuancée. Gillian Bromfield, directrice des politiques de lutte contre le cancer à la SCC, affirme que l’organisation s’oppose à l’usage de pesticides pour les pelouses et les espaces verts publics. Toutefois, si les avantages surpassent les risques, l’usage agricole de pesticides est acceptable.

Bromfield soutient dans un courriel que « l’usage de pesticides pour des raisons esthétiques n’offre aucun bienfait pour la santé et peut être nuisible. Mais nous croyons que lorsque les pesticides s’avèrent nécessaires pour protéger notre santé, notre sûreté et notre approvisionnement en nourriture, ils devraient être inclus dans un plan prévoyant l’usage de la plus petite quantité possible et dans lequel les options les plus sûres sont choisies. »

Bromfield affirme aussi que les scientifiques du CIRC procèdent de façon transparente pour évaluer les recherches existantes sur les produits comme le glyphosate. « Le CIRC a conclu que le glyphosate est un cancérigène possible (groupe 2A) en se basant sur des preuves limitées venant de milieux de travail exposés, soit des milieux agricoles, aux États-Unis, au Canada et en Suède. Le CIRC a également mis en lumière le fait que le glyphosate peut causer le cancer chez les animaux de laboratoire », explique Bromfield. « Les recherches en cours sur les pesticides et leurs effets potentiellement néfastes sur la santé humaine démontrent qu’il est important de s’assurer que les utilisateurs de pesticides et particulièrement ceux qui sont exposés à de grandes quantités de pesticides prennent toutes les précautions pour être le plus possible hors de danger. »

En 2012, Bromfield a déclaré au Western Producer qu’il y a « de la bonne recherche de qualité » qui suggère un lien entre l’exposition aux pesticides et le cancer. Toutefois, il y a peu de preuves pour établir un lien entre les résidus de pesticides sur la nourriture et le cancer. « Tant sur la scène internationale que sur la scène nationale, il n’existe aucune recherche qui, à ma connaissance, a démontré que les petites quantités de résidus de pesticides sur les fruits et légumes augmentent le risque de cancer », ajoute-t-elle.

« Nous encourageons les pratiques agricoles qui réduisent l’utilisation de pesticides afin de réduire l’exposition des agriculteurs et des communautés rurales aux pesticides, mais je peux clairement affirmer que nous ne prêchons pas un mouvement vers l’agriculture biologique. »

Tout comme la SCC, l’Association médicale canadienne (AMC) soutient que les produits chimiques, y compris les pesticides, devraient être évalués selon les avantages qu’ils apportent par opposition aux risques qu’ils comportent.

Les politiques de l’AMC traitant sur les répercussions de la contamination chimique sur la santé humaine soutiennent que : « Les produits chimiques, lorsqu’ils sont bien gérés, apportent et vont continuer d’apporter des avantages énormes à la société, mais il faut être prudent à cause de leurs effets potentiellement négatifs sur la santé. »

L’AMC affirme que le CIRC a classifié 40 pesticides enregistrés comme étant probablement ou possiblement cancérigènes. Le CIRC a, par ailleurs, déterminé un lien entre une exposition prolongée aux pesticides et l’immunosuppression, le débalancement hormonal et les anomalies congénitales.

« Plusieurs pesticides peuvent être utilisés individuellement de façon sécuritaire », affirme l’AMC. « Il manque cependant de recherches sur les effets de certains pesticides lorsqu’ils sont utilisés conjointement. »

Source : Western Producer

à propos de l'auteur

La référence en nouvelles technologies agricoles au Québec.

Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs traite des tendances, des innovations et des dernières avancées en matière de cultures, d’élevages et de machinisme agricole dans le but de faire prospérer les entreprises agricoles d’ici.  

Commentaires