Un vaccin contre la gastroentérite pourrait être extrait du lait de lapines

Paris (France), 5 décembre 2005 – Des chercheurs français ont annoncé avoir mis au point un vaccin contre le rotavirus – la principale cause de gastroentérites virales chez les jeunes enfants – qui pourrait être extrait en grandes quantités et à bas coût du lait de lapines génétiquement modifiées.

« Ce mode de production rapide et économique pourrait permettre, avec quelques centaines de lapines transgéniques, de produire plusieurs kilos de protéines recombinantes par an, nécessaire à la vaccination d’une grande partie des enfants à risque », a-t-on appris lundi auprès de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), à l’origine de cette innovation.

Extrêmement contagieux, le rotavirus peut être soigné sans difficulté dans les hôpitaux des pays développés. Son coût économique (congés maternels) n’est cependant pas négligeable. Et surtout, il fait des ravages dans les pays en développement, où les enfants sont déjà fragilisés et les conditions d’hygiène déplorables: 500 000 décès par an, selon le communiqué de l’Inra.

Le seul vaccin existant, préparé à base du virus vivant atténué, a dû être retiré du marché, après avoir provoqué des décès encore inexpliqués. Deux autres industriels travaillent à la mise au point d’une nouvelle protection, mais là encore, la piste retenue est celle du virus atténué.

La technologie alternative consiste à séparer les protéines induisant la réponse immunitaire (les antigènes) du reste du virus et à n’utiliser que ces antigènes comme vaccin. Les vaccins ainsi produits sont efficaces sur l’animal, mais sont très coûteux et très difficiles à fabriquer industriellement. Il faut en effet recourir à des cultures de cellules d’insectes infectées…

La technologie mise au point par l’Inra et la petite société de biotechnologie BioProtein Technologies consiste à modifier génétiquement des lapines pour leur faire secréter la substance active du vaccin dans leur lait. La collecte en est simple, la production importante.

« C’est une technologie propre, qui ne provoque a priori pas de problèmes d’effets secondaires, contrairement aux vaccins reposant sur des virus atténués », souligne Louis-Marie Houdebine, du centre Inra de Jouy-en-Josas. « Combiné à une autre innovation, la vaccination par voie rectale, cela marche très bien pour l’animal », fait valoir le chercheur à l’AFP.

Toutefois, aucun développement industriel n’est prévu dans l’immédiat, aucun laboratoire ne s’étant montré à ce jour intéressé pour investir les sommes très importantes nécessaires pour prouver l’innocuité du vaccin chez l’homme. « C’est une belle première étape qui pour l’instant en reste là », a regretté M. Houdebine.

Source : AFP

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