Une année de croissance pour Sollio Groupe Coopératif malgré la pandémie

Les défis logistiques et opérationnels ont été majeurs dans la dernière année résume la coopérative

Ghislain Gervais, président de Sollio Groupe Coopératif

Pour sa 99e année d’existence, Sollio Groupe Coopératif ne l’a pas eu facile, comme la quasi-totalité des entreprises du pays, mais la société affiche pour sa dernière année financière des résultats positifs et supérieurs, même à ceux de 2019 dans plusieurs domaines.

L’année financière de Sollio se terminait le 31 octobre 2020, c’est-à-dire que les impacts de la COVID-19 seront à surveiller aussi pour le prochain exercice financier. Les défis ont également été nombreux dans les premiers mois de l'exercice financier. Il faut se souvenir que la saison 2019 avait été particulièrement difficile pour les producteurs de céréales, ce qui se répercute sur les résultats, tout comme le blocus ferroviaire de février 2020 il y a un peu plus d’un an. Comme le dit Sollio, « tous ces évènements ont posé des défis logistiques et opérationnels majeurs ».

Les ventes de la coopérative ont augmenté de 870 M$ à 8,2 G$, la première fois donc de son histoire que la barre des 8 milliards est franchie. L’an dernier, les ventes s’étaient situées à 7,3G $. La direction attribue la hausse à sa division Olymel, malgré les problèmes connus dans le secteur avec la pandémie. Sollio a intégré l’an dernier à ses activités l’entreprise F. Ménard qu’elle avait acquise en 2019.

L’excédent net s’est, pour sa part, établi à 141 M$, comparativement à 48,6 M$ à l’exercice précédent.

Pour l’exercice clos le 31 octobre 2020, les ristournes déclarées ont été 29,2 M$ contre 17,6 M$ en 2019. Le total des ristournes et dividendes pour l’année se situent à 40 M$. Pour la filière porcine, les ristournes s’élèvent à 7,7M$, par rapport à 2,4 M$ l’an dernier.

Comme mentionné plus tôt, les difficultés n’ont pas manqué durant la dernière année. Pour Gaétan Desrochers, chef de la direction de Sollio, c’est « une année qui marquera notre mémoire à jamais, puisqu’elle fut l’une des plus tumultueuses de l’histoire de l’économie moderne ».

La pandémie a bouleversé la chaîne d’approvisionnement et les opérations à la ferme de manière brutale. Ghislain Gervais, président de Sollio, en a fait une courte description dans la présentation des résultats : la fermeture temporaire d’usines et la suspension des chantiers de construction, ajustement des productions chez les producteurs, saison de récolte difficile dans l’est du Canada, la grève du CN pendant le pic de la demande en propane, blocus ferroviaire, sans oublier la grève des débardeurs au port de Montréal l’été dernier. L’usine d’abattage et de découpe de porcs de Princeville a aussi connu une grève de huit semaines à la fin de l’automne 2019. Sollio a aussi fait savoir qu’elle avait connu le 5 octobre dernier un incident informatique lié au piratage.

Encore aujourd’hui, les ennuis ne sont pas choses du passé pour le secteur alimentaire puisque l’usine d’Olymel de Red Deer en Alberta a dû fermer de manière temporaire à la suite d’une éclosion de COVID-19 qui a mené à un décès. La coopérative indique d’ailleurs d’emblée qu’elle a connu et pourrait encore « connaître le ralentissement de (ses) opérations et des arrêts temporaires de certaines de (ses) installations de production ».

La division alimentaire de Sollio, qui regroupe Olymel, a obtenu de bons résultats grâce à l’ajout des activités de F. Ménard et une augmentation de la marge viande. La réouverture du marché chinois en 2020 et une forte demande de ce dernier a aussi aidé. Tous les secteurs reliés à l’hôtellerie, la restauration et les institutions (HRI) ont été les plus fortement touchés. Le secteur volaille en a subi plus durement les contrecoups. L’entreprise a ainsi vu son chiffre d’affaires atteindre 4,35 G, en hausse de  613 M$.

Au cours du dernier exercice, l’impact financier des mesures prises en lien avec la pandémie se chiffre à 28,9 M$. « Entre mars et octobre 2020, les ralentissements attribuables à la pandémie ont forcé Olymel à expédier des dizaines de milliers de porcs de l’Ontario vers son abattoir de Red Deer, en Alberta, et près de 200 000 porcs vers d’autres abattoirs, américains ou canadiens. Cette situation a entraîné des coûts additionnels imprévus et importants », indique la coopérative.

Le groupe dit également surveiller la peste porcine africaine qui a sévi en 2018 en Chine. Bien qu’absente pour le moment au Canada, la coopérative « travaille en collaboration avec l’industrie et les gouvernements pour développer un plan de régionalisation dans le but de limiter l’incidence d’une fermeture éventuelle des frontières ».

Les ventes de Sollio Agriculture se sont chiffrées à 2,761 G$, comparativement à 2,604 G$ en 2019, une hausse surtout liée à l’ajout des activités agricoles de F. Ménard. Les problèmes ont été nombreux également pour la division. La météo a eu un impact important sur le rendement et la production des grains en 2019. La mauvaise récolte de maïs a affecté les positions commerciales, empêchant ainsi de réaliser des exportations au printemps 2020, tandis que les effets de la COVID-19 ont eu des répercussions importantes sur la demande d’éthanol. La commercialisation du soya a, pour sa part, été durement touchée en raison de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et l’accord passé entre les deux pays en janvier 2020, avec des impacts négatifs sur les exportations.

Le Groupe BMR, représentant la Division détail, a bénéficié du confinement. Les ventes de Groupe BMR ont atteint près de 1,2 G$, comparativement à 948 M$ l’an dernier. L’engouement pour la rénovation au pays, une meilleure rentabilité des matériaux forestiers et l’acquisition d’une entreprise œuvrant dans le secteur de la distribution de matériaux de construction et de la commercialisation, en septembre 2019, ont contribué à la croissance.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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