Une blessure grave sur dix survient au travail

Ottawa (Ontario), 27 avril 2005 – Un nouveau rapport publié par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) révèle que 677Canadiens ont été hospitalisés en raison de traumatismes graves subis autravail, ce qui représente 10 % du total des hospitalisations à la suite d’untraumatisme grave pour le groupe des 15 à 64 ans en 2002-2003. Le nombred’hospitalisations à la suite d’une blessure liée au travail est demeurérelativement stable au cours des trois dernières années : 652 incidents ontété signalés en 2000-2001 et 678 en 2001-2002. En 2002-2003, les chutesconstituaient la principale cause (43 %) des blessures graves liées autravail, suivies des accidents impliquant des véhicules (20 %).

« Derrière chaque chiffre du rapport, il y a un visage, et un nom. Il estdonc important que la sensibilisation à la sécurité au travail puissecontinuer de se traduire en gestes concrets », explique Paul Kells dont le filsde 19 ans, Sean, est décédé en 1994 à la suite d’une explosion à son lieu detravail. M. Kells a créé la Fondation pour des collectivités sécuritaires, unorganisme de sensibilisation et de prévention des blessures liées au travailprédominantes dans des collectivités ciblées.

Parmi les blessés, nombreux sont ceux ayant subi de multiples blessures.La plupart (77 %) des blessures graves liées au travail en 2002-2003 étaientde nature orthopédique, ce qui comprend les fractures et les fêlures. Plus dela moitié (52 %) des blessés ont souffert de blessures à la tête, et un peumoins de 40 % ont subi des blessures internes. Les personnes dont lesblessures étaient les plus graves, mesurées à l’aide de l’indice de gravité dela blessure (IGB), étaient âgées de 65 ans et plus, suivies du groupe des 15 à24 ans.

« Ces blessures sont très inquiétantes puisqu’elles peuvent entraîner unfardeau à vie non négligeable pour les patients, leurs familles et le systèmede santé », précise Margaret Keresteci, gestionnaire des Registres cliniques àl’ICIS. Chez les personnes qui survivent à leurs blessures, leshospitalisations sont souvent prolongées, soit un séjour moyen de 18 jours paropposition à 7 jours pour l’ensemble des hospitalisations au Canada. Près de300 personnes (42 %) ont dû être placées sous ventilation artificielle dansune unité de soins intensifs à la suite d’un traumatisme. La majorité despatients requièrent des soins continus après avoir quitté l’hôpital : plus dela moitié (54 %) ont dû recourir à des services de soutien ou être admis dansun autre établissement, y compris des établissements de réadaptation et desoins de longue durée. Les autres patients (46 %) ont obtenu leur congé et ontregagné leur domicile sans services de soutien.

Entre 2000-2001 et 2002-2003, le nombre de personnes décédées à l’hôpitalen raison d’une blessure grave subie au travail est passé de 58 à 67, ce quireprésente une hausse de 15 %. La plupart de ces décès ont été causés par deschutes accidentelles (37 %) et par des accidents impliquant des véhicules(26 %). Parmi les personnes décédées, 69 % avaient subi une blessure à la têteet 55 % avaient subi des blessures de nature orthopédique. Les traumatismesfermés étaient associés à 88 % des décès, alors que le reste avait trait à desblessures perforantes ou à des brûlures.

Le nombre de blessures graves liées à l’utilisation de machines autravail a diminué considérablement : il est passé de 13 % en 2000-2001 à 5 %en 2002-2003. Parmi les blessures causées par des machines en 2003, 30 % impliquaient du matériel agricole alors qu’un autre 30 % mettaient en cause des appareils de levage.

De toutes les victimes de blessures graves liées au travail et menant àune hospitalisation, 13 % étaient des travailleurs âgés de 24 ans et moins et10 % sont décédées des suites de leurs blessures, la principale cause de décèschez les jeunes travailleurs étant les accidents causés par des machines etl’électrocution. Dans l’ensemble, les personnes ayant subi une blessure graveétaient âgées en moyenne de 42 ans.

« Il est impératif de créer des cultures organisationnelles où lestravailleurs canadiens, y compris les jeunes, sont en sécurité, insiste leDr Cameron Mustard, président de l’Institut de recherche sur le travail et lasanté. La réduction du nombre des blessures liées au travail passe par laprévention, la formation ciblée, la supervision, l’équipement sécuritaire etl’aménagement du lieu de travail. »

Variations provinciales
A l’échelle provinciale, les blessures liées au travail en tant quepourcentage de tous les traumatismes variaient de 5 % en Ontario à 10 % enAlberta. La plupart des provinces ont accusé une hausse du nombre de blessuresgraves subies au travail entre 2000 et 2003, à l’exception de l’Ontario, qui aconnu une baisse de 8 % au cours de cette période, et du Nouveau-Brunswick,qui a enregistré une légère diminution. La durée de séjour à l’hôpital variaitconsidérablement dans chaque province, la Nouvelle-Ecosse affichant la moyennede séjour la plus basse (12 jours) et le Nouveau-Brunswick, la plus haute(25 jours).

Tableau général des traumatismes graves au Canada
Le rapport d’aujourd’hui, Rapport 2004 du Registre national destraumatismes sur les traumatismes graves au Canada, montre que 9 892 cas deblessures graves ont été signalés au Canada en 2002-2003, ce qui représenteune hausse de 11 % par rapport à 2000-2001. De ce nombre, 72 % des patientsétaient des hommes, la moyenne d’âge pour tous les cas était de 43 ans et 41 %des patients étaient âgés de moins de 35 ans. Les blessures gravesreprésentaient plus de 162 082 jours d’hospitalisation dans des hôpitaux detraumatologie hautement spécialisés.

En 2002-2003, les collisions de véhicules à moteur constituaient laprincipale cause des blessures pour tous les groupes d’âge, à l’exception decelui des personnes âgées, chez qui les chutes accidentelles représentaient lamajorité des cas (62 %). Les homicides et les blessures infligéesvolontairement par une autre personne faisaient partie des cinq principalescauses de blessure pour tous les groupes d’âge, à l’exception de celui despersonnes âgées de 65 ans et plus. Dans 13 % de tous les cas de traumatismegrave, le taux d’alcoolémie était positif. Près de la moitié (48 %) de toutesles blessures graves au Canada sont survenues dans la rue ou sur l’autoroute.

Parmi les patients ayant subi des traumatismes graves, un peu plus dutiers (34 %) ont dû être placés sous ventilation artificielle et 14 % sontdécédés à l’hôpital des suites de leurs blessures. La cause de blessure menantle plus fréquemment à un décès était la collision de véhicules à moteur (42 %)suivie des chutes accidentelles (32 %).

Registre national des traumatismes (RNT)
Administré par l’ICIS, le fichier étendu du Registre national destraumatismes (RNT) contient des données sur les hospitalisations et les décèsà la suite de blessures graves des principaux centres de traumatologieparticipants du Canada. L’objectif du fichier étendu du RNT est de contribuerà réduire les admissions et les décès à la suite de blessures au pays enfournissant des données sur la nature, le nombre et la cause des traumatismesau Canada. L’information est utilisée par les artisans de politiques, leschercheurs, les coroners, les traumatologues et les spécialistes de préventiondes traumatismes afin d’élaborer et faire le suivi des programmes deprévention et de traitement des blessures.

Institut canadien d’information sur la santé
L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) est un organismepancanadien autonome et sans but lucratif dont l’objectif est d’améliorer lasanté des Canadiens et le système de santé en offrant de l’information dequalité sur la santé. Le mandat de l’ICIS, tel que défini par les ministres dela Santé du Canada, est de coordonner le développement et l’entretien d’unsystème commun d’information sur la santé au pays. A cette fin, l’ICIS estchargé de diffuser en temps opportun l’information appropriée et nécessaire envue d’établir des politiques de santé avisées, de gérer avec efficacité lesystème de santé canadien et de sensibiliser le public aux facteursdéterminants pour la santé.

Le rapport ainsi que les figures et les tableaux suivants sont affichéssur le site web de l’ICIS à l’adresse www.icis.ca .

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