Vache de réforme : Québec corrige en partie les lacunes du programme fédéral

Longueuil (Québec), 27 novembre 2003 – « Nous reconnaissons l’effort fait par le gouvernement québécois pour soutenir les producteurs de bovins aux prises avec la crise de la vache folle. Le programme annoncé aujourd’hui tient compte des particularités québécoises et corrige, en partie, les lacunes du programme fédéral. Le gouvernement du Québec doit maintenant prendre le leadership d’un front commun avec les producteurs pour aller chercher au Fédéral les sommes qui manquent pour atteindre l’aide minimale réclamée de 300 $ par tête et pour couvrir les quelque 30 000 bovins de réforme toujours laissés pour compte. »

C’est en ces termes que réagissaient M. Michel Dessureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, M. Jean Grégoire, président de la Fédération des producteurs de lait du Québec et M. Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), à l’annonce faite par la ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Mme Françoise Gauthier, concernant le programme d’aide destinée aux producteurs de bovins de réforme.

L’annonce porte à 255 $ l’aide par animal éligible. Il manque toujours 45 $ par tête pour rejoindre les 300 $ d’aide requise par les producteurs pour leur permettre de traverser la crise. Rappelons que les producteurs subissent encore des pertes de plus de 500 $ par animal vendu à l’encan.

Les sommes supplémentaires injectées par la ministre québécoise réduisent également de 17 000 le nombre de têtes de bétail sans compensation, en portant le taux de réforme admissible de 16 à 20 % pour le secteur laitier. Le programme laisse tout de même 30 000 têtes non compensées d’ici la fin août 2004, compte tenu d’un taux normal de réforme de 25 % annuellement.

Pour le président de l’UPA, M. Laurent Pellerin, « Québec a fait un important bout de chemin ce matin en reconnaissant les particularités de notre secteur bovin. Maintenant, les producteurs québécois s’attendent à ce que la Ministre et son gouvernement aillent chercher ce qui manque à Ottawa. »

Les trois organisations agricoles sont également grandement préoccupées par la position de marché que détient actuellement l’unique acheteur de bovins de réforme dans l’Est canadien. « Cet abattoir achète les animaux à un prix nettement inférieur à leur valeur réelle », a déclaré M. Michel Dessureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec. Une rencontre de négociation est prévue demain, vendredi, entre les représentants des producteurs et ceux de l’abattoir pour négocier un prix minimum. « S’il n’y a pas d’entente, les producteurs exigeront une intervention gouvernementale », d’ajouter M. Dessureault.

Le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, M. Jean Grégoire, enchérit en ajoutant que « cette situation a assez duré. Depuis le début de la crise, les producteurs écopent et les consommateurs n’en profitent même pas. Il faut s’assurer que l’argent des programmes d’aide se rende réellement aux producteurs et que le prix payé pour les animaux reflète véritablement leur valeur sur le marché. »

Rappelons que la découverte d’un cas de vache folle en Alberta, le 20 mai dernier, a entraîné la fermeture immédiate des frontières à l’exportation et mené le secteur bovin dans une crise sans précédent. L’embargo demeure total pour les bovins âgés de plus de 30 mois (bovins de réforme). Le prix des vaches de réforme a chuté de plus de 70 %.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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