Valeurs références des lisiers de porc : les premières étapes franchies avec succès

Québec (Québec), 27 avril 2004 – Le Comité technique Porc du projet provincial appelé « approche intégrée d’acquisition de connaissances et de caractérisation à la ferme des charges fertilisantes réelles des effluents d’élevage » prévoit la sortie, à l’automne 2004, des valeurs tant attendues en production porcine.

Depuis le début des travaux en 2000 (1), deux constats se sont imposés : l’approche par bilan alimentaire (2) est utile et précise pour déterminer la charge en azote (N) et/ou en phosphore (P) alors que la caractérisation des effluents est la plus pertinente pour l’évaluation des volumes de lisiers à épandre au champ et leurs concentrations en éléments fertilisants. Il apparaît que les deux méthodes sont complémentaires et nécessaires pour une gestion à la fois agronomique et environnementale des effluents d’élevage. Actuellement, le Comité technique Porc et les chercheurs impliqués s’affairent à évaluer les résultats obtenus afin que ces valeurs références soient représentatives des élevages porcins québécois et servent de jalon à la caractérisation des valeurs à la ferme.

En prenant en compte les opérations de reprise, le niveau de dilution, les périodes d’épandages, la variation de la concentration des éléments fertilisants dans la fosse et l’épandage lui-même, le comité produira également pour l’automne un protocole d’échantillonnage simplifié à l’intention des producteurs agricoles. Rappelons, qu’en accord avec la réglementation (REA), les producteurs doivent caractériser les lisiers épandus à chaque année et que les valeurs références ne peuvent pas être utilisées pour remplacer cette caractérisation.

Le projet de caractérisation en production porcine a nécessité la compilation de résultats d’analyse de quelque 165 fosses de Chaudière-Appalaches dont on a prélevé six échantillons par année durant les saisons de culture 2001 et 2002. Il a ainsi permis de constituer la plus importante banque de données sur les lisiers de porcs. L’étude des bilans alimentaires est venue appuyer les résultats de la caractérisation. Les chercheurs de l’IRDA mandatés au projet ont déposé récemment le rapport scientifique traitant des données issues du projet de caractérisation des lisiers de porc. Ce rapport a été validé par le Comité technique Porc.

Ce rapport englobe un grand nombre de connaissances dont certaines sont encore à extraire. Cependant, les deux constats globaux déjà mentionnés s’expliquent ainsi :
– L’approche par bilan alimentaire est la plus précise pour déterminer la charge fertilisante en N et/ou P compte tenu de l’ensemble des données précises connues sur la totalité des intrants qui servent à l’alimentation.
– Les volumes annuels des lisiers et les concentrations en éléments fertilisants d’une même fosse varient beaucoup et cela même entre deux périodes d’épandage. Aussi, si on veut utiliser les effluents d’élevage pour fertiliser les cultures, la caractérisation des lisiers doit être faite selon un protocole simple et réalisable à la ferme pour quantifier adéquatement les volumes de lisier et leurs concentrations en matières fertilisantes à chaque année.

Selon le comité technique, la définition d’un protocole simplifié obligera à un questionnement précis et pertinent du rapport scientifique. Cette analyse permettra de produire des valeurs références crédibles, c’est-à-dire des valeurs plus expliquées, dont on connaîtra les limites d’application, et qui traduiront les efforts déployés par les producteurs du Québec en matière de gestion des effluents d’élevage depuis les anciennes références sur le sujet.

Rappelons que l’un des objectifs du projet provincial intitulé « approche intégrée d’acquisition de connaissances et de caractérisation à la ferme des charges fertilisantes réelles des effluents d’élevage » était de produire des valeurs références par catégorie d’élevage sur les volumes et la valeur fertilisante des effluents d’élevage. Les valeurs références ont pour utilité la représentation moyenne des élevages et la validation des valeurs à la ferme. À cet effet, la ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Mme Françoise Gauthier et le ministre de l’Environnement, M. Thomas J. Mulcair annonçaient récemment l’investissement d’une somme de 250 000 $ dans un projet de caractérisation des effluents d’élevage des entreprises de production d’oeufs de consommation. Cette contribution représente 63 % du coût total du projet. La Fédération des producteurs d’oeufs de consommation du Québec contribue, quant à elle, pour plus du tiers du financement. La gestion globale du projet est confiée au Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ).

Information complémentaire
1) En 2000, dans le cadre de l’ancien Règlement sur la Réduction de la pollution d’origine agricole (RRPOA),le Comité PAEF de Chaudière-Appalaches, constitué du MENV, du MAPAQ, de l’UPA de la Beauce, de l’IRDA, des représentants des services conseils (clubs de fertilisation et de organisme de gestion des fumiers), proposait un protocole de caractérisation des lisiers de porc. L’objectif était de doter les entreprises participantes de données réelles pour leurs effluents d’élevage.

Ce projet répondait à une préoccupation majeure du milieu et mettait en évidence la désuétude des anciennes valeurs de référence encore utilisées. Il est donc rapidement devenu un projet visant à établir de nouvelles références régionales. À cet effet, le comité à reçu l’aide (220 000 $) du Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD) pour réaliser l’étude très ambitieuse que cela représentait. De plus, retenons la précieuse collaboration d’une quinzaine de partenaires (organisations en services conseils, personnes-ressources en alimentation animale et de différentes institutions et entreprises). Soulignons enfin que, sans la collaboration exceptionnelle des producteurs, cette étude aurait été impossible à réaliser.

Au printemps 2002, ce projet est devenu partie intégrante du grand projet provincial nommé « approche intégrée d’acquisition de connaissances et de caractérisation à la ferme des charges fertilisantes réelles des effluents d’élevage ». Ce grand projet vise, dans l’essentiel, la production de valeurs références par la caractérisation des effluents d’élevage de six grandes productions animales au Québec. On retrouve à la coordination du projet provincial et dans chacun des comités techniques de chaque production, les représentants du MENV, du MAPAQ, de l’UPA, de l’IRDA, de l’OAQ et du CRAAQ.

2) La méthode du bilan alimentaire consiste à évaluer la différence entre les éléments apportés par la ration (azote, phosphore, potassium, etc.) et ceux que les animaux retiennent pour leur croissance et leur production. Cette différence constitue les éléments rejetés dans les déjections animales (les fèces et l’urine).

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ)
http://www.craaq.qc.ca/

Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA)
http://www.irda.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Ministère de l’Environnement du Québec
http://www.menv.gouv.qc.ca

Ordre des agronomes du Québec
http://www.oaq.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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