Victoire devant l’ALÉNA : élimination probable du tarif sur le blé

Winnipeg (Manitoba), 5 octobre 2005 – Les producteurs de blé peuvent s’attendre à voir reprendre le libre commerce du blé avec les É.-U., maintenant qu’un organe américain a même renversé sa décision de 2003, en réaction à la directive d’un groupe nommé aux termes de l’ALÉNA.

Le blé de force roux de printemps, qui est la plus importante culture au Canada, ne pouvait plus entrer librement aux É.-U. ces deux dernières années à cause d’un haut tarif douanier, actuellement fixé à 11,4 %. Les droits imposés devraient être éliminés d’ici à la mi-novembre.

« Nous nous réjouissons à la perspective de reprendre nos activités commerciales avec nos valeureux acheteurs américains, pour le compte des agriculteurs de l’Ouest canadien, a déclaré Ken Ritter, président du conseil d’administration gouverné par les agriculteurs. La bataille a été ardue, mais cette fois-ci, notre persistance semble avoir été payante ».

« Cela fait trop longtemps que les agriculteurs canadiens font les frais de ce différend commercial. J’espère que ces attaques futiles sont enfin choses du passé ».

Dans sa décision de renvoi rendue aujourd’hui, la Commission du commerce international (ITC) des É.-U. a renversé une décision antérieure (qui avait donné lieu à un partage des voix 2 à 2 des commissaires) selon laquelle les importations de blé FRP du Canada portaient préjudice aux agriculteurs américains. Après que la CCB eut porté cette décision en appel, le groupe formé aux termes de l’ALÉNA a renvoyé le 7 juin dernier la conclusion de préjudice de l’ITC pour examen, en invoquant qu’il ne trouvait aucune preuve substantielle à l’appui de cette décision.

Les importations de blé du Canada ont fait l’objet de 14 différentes plaintes de la part de groupes d’intérêts américains depuis l’entrée en vigueur de l’accord de livre-échange en 1989. Les agriculteurs de l’Ouest canadien ont dû engager plus de 15 millions de dollars pour défendre leur accès au marché américain. L’affaire en cours a débuté en 2002, lorsque la North Dakota Wheat Commission s’était plaint devant le représentant du Commerce des É.-U. au sujet des importations de blé du Canada (voir fiche documentaire ci-jointe). Les agriculteurs du Dakota du Nord ont engagé à peu près la même somme d’argent dans cette affaire.

« Espérons simplement que nous pourrons cesser de détourner les maigres ressources des agriculteurs à nous défendre dans de telles escarmouches et que nous pourrons nous concentrer sur les vrais problèmes auxquels nous sommes confrontés des deux côtés de la frontière, a dit M. Ritter. C’est un dossier dans lequel les fermiers canadiens et américains devraient unir leurs efforts, au lieu de se chamailler pour rien. Nous ne sommes pas l’ennemi. »

Contrôlée par les agriculteurs de l’Ouest canadien, la CCB est la plus importante agence de commercialisation de blé et d’orge dans le monde. L’un des principaux exportateurs du Canada, la CCB dont le siège est à Winnipeg vend du grain dans plus de 70 pays et distribue l’intégralité du produit des ventes, moins les frais d’exploitation, aux agriculteurs des Prairies.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé
http://www.cwb.ca/

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