Vin : l’abondance de la récolte 2004 pourrait accentuer la crise

Paris (France), 19 juillet 2004 – Le potentiel de la récolte française de vin en 2004 est estimé à 56,6 millions d’hectolitres, selon le ministère de l’Agriculture, une abondance qui risque d’aggraver la crise traversée par le secteur depuis plusieurs mois.

Ce chiffre représente une hausse de 2% par rapport aux cinq dernières campagnes et de 19% par rapport à 2003 (47,6 millions d’hl), année fortement affectée par le gel printanier et la canicule, d’après les prévisions établies au 1er juillet par le Service central des enquêtes et études statistiques (SCEES) du ministère.

26,5 millions d’hectolitres seraient constitués de vins d’appellation (+21% pour les AOC par rapport à 2003, +5% pour les Vins délimités de qualité supérieure, VDQS), 14,5 millions d’hl de vins de pays (+9%), 8,2 millions de vins aptes à l’élaboration du cognac (+10%) et 7,4 millions pour les autres vins, jus et moûts (+52%).

Cette importante récolte, si elle se confirme, constituerait une nouvelle difficulté pour un secteur touché par une baisse continue de la consommation en France, liée notamment aux mesures contre l’alcoolisme au volant et à une concurrence accrue des vins du « Nouveau Monde » (Amérique du Sud, Etats-Unis, Australie, Afrique du Sud).

Au premier trimestre 2004, les exportations françaises ont enregistré une baisse de 7% en valeur et de 4,6% en volume par rapport à la même période de 2003. Le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard doit annoncer mercredi une série de mesures en faveur de la filière.

Dans l’ensemble des vignobles, la floraison a bénéficié de très bonnes conditions météorologiques et les sorties de grappes ont généralement été abondantes, souligne le ministère.

En Champagne, la profession s’est déjà fixée des quotas par hectare pour ne pas produire plus de 300 millions de bouteilles environ, une autre partie de la récolte devant être affectée à la « réserve qualitative » pour les années suivantes.

En Bourgogne et dans le Beaujolais, la végétation est en retard de quelques jours par rapport à une année normale, mais la floraison s’est conclue par de belles sorties de grappes.

En Alsace, les volumes attendus sont importants, tout comme dans les Charentes et le Sud-Ouest.

En Savoie et dans le Jura, la floraison s’est déroulée à une date normale. Le potentiel de récolte est proche de la moyenne.

Dans le Val de Loire, la situation est contrastée, selon les vignobles. La récolte devrait être inférieure à la moyenne en pays nantais et en Anjou-Saumur.

Alors qu’une grosse vendange s’annonce en Touraine et dans le Centre, certains viticulteurs commencent à mettre en oeuvre des mesures permettant de limiter les rendements.

Dans le Bordelais, le CIVB (Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux) a déjà annoncé une série de mesures afin d’enrayer la surproduction en limitant la commercialisation à 50 hl/ha en 2004. Le potentiel de production s’élève en effet à plus de 7 millions d’hectolitres cette année, alors que les dernières ventes annuelles s’établissaient à environ 5,5 millions d’hl.

Dans le Sud-Est et en Corse, l’état sanitaire du vignoble est bon, mais la sécheresse commence à se faire sentir dans certains vignobles.

Enfin, en Languedoc-Roussillon, la floraison s’est déroulée dans de très bonnes conditions. Le retard de la végétation s’est en partie résorbé grâce aux températures élevées.

La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) et les JA (Jeunes Agriculteurs) ont demandé « un soutien conjoncturel » aux exploitations les plus en plus difficulté, l’obtention à Bruxelles d’une mesure d’arrachage temporaire et un « soutien à la commercialisation », avec notamment la mise en oeuvre d’« un véritable plan de communication », pour rechercher de nouveaux consommateurs.

Source : AFP

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