Volonté de compromis sur l’épineux dossier agricole, selon Berne

Berne (Suisse), 5 septembre 2001 – Le ministre suisse de l’Economie Pascal Couchepin a salué une souplesse réciproque de l’Union européenne et du groupe de Cairns sur l’agriculture, le week-end dernier, lors de la réunion de 17 pays de l’OMC à Mexico destinée à préparer la conférence ministérielle de Doha en novembre.

« La dynamique était positive. On a une chance d’aboutir » à lancer un cycle à Doha, « mais ce n’est pas encore sur la table », a estimé le ministre dans une interview à l’AFP. « Les pays durs (Inde, Malaisie…) peuvent faire obstacle, ils ont continué à Mexico à manifester beaucoup d’oppositions, notamment sur la mise en oeuvre » des accords de l’Uruguay Round, a-t-il ajouté.

Selon M. Couchepin, « rationnellement, on devrait pouvoir lancer un cycle, les arguments rationnels militent en sa faveur. Mais il faut aussi que l’opinion publique dans ces pays prennent conscience que c’est leur intérêt ».

Le ministre a cité l’exemple de l’Inde et de l’accord sur les textiles qui limite ses exportations, mais lui assure un contingent. « Si dans trois ans, l’accord arrive à échéance sans être remplacé par un nouvel accord, le textile intégrera les règles ordinaires de l’OMC, et il n’y aura plus de contingents pour l’Inde. A ce moment, la Chine pourra contester le marché indien. L’Inde, sans nouveau cycle et sans nouvel accord sur les textiles, court le risque que des partenaires plus efficaces prennent sa place sur le marché ».

M. Couchepin a observé à Mexico une bonne volonté sur le dossier agricole: « si le groupe de Cairns (qui rassemble 18 pays exportateurs agricoles) se félicite de la souplesse de l’UE, du Japon et de la Suisse en matière agricole, nous nous réjouissons aussi que ces pays indiquent leur disposition à négocier sur des positions de compromis. Nous aussi ».

L’accord de l’OMC sur l’agriculture prévoit une substantielle réduction des aides à l’exportation.

Les pays de Cairns « n’ont pas abandonné l’idée d’élimination des subventions aux exportations, mais ils ne la placent pas comme objectif de la négociation. Ils disent que l’objectif du prochain round n’est pas d’aboutir » à leur suppression, a dit M. Couchepin.

« Le groupe de Cairns, en renonçant à mettre dans le mandat (de négociations) un objectif qui fait l’objet de discussions, montre une certaine souplesse. On doit trouver une solution entre le statu-quo insupportable pour eux et la disparition totale de ces subsides insupportable pour nous », a-t-il ajouté.

Selon M. Couchepin, ces 18 pays, en majorité d’Amérique latine et de la zone Asie-Pacifique, « se rendent compte que s’ils maintiennent leur position, il n’y aura pas de cycle ».

« Nous avons introduit de notre côté (Suisse et UE), a-t-il ajouté, la demande d’une déclaration sur l’environnement. Il semble que nos partenaires ont pris conscience que ce n’est pas possible d’avoir une négociation sur les produits agricoles sans qu’il y ait cette déclaration, une clarification de la notion de principe de précaution et une référence à la sécurité alimentaire ».

« Les concessions agricoles doivent être payées par des précisions sur ces points », selon le ministre suisse.

Alors, si les deux camps « sont heureux de constater de la souplesse, faisons un texte et voyons si on arrive à se mettre d’accord », a-t-il noté.

Quant à l’introduction dans l’agenda de Doha de la question du commerce et des normes de travail, « tout le monde a compris que ce n’est pas souhaitable » et que « ce dialogue doit avoir lieu à l’Organisation internationale du travail (OIT), qui doit être renforcée ».

« Maintenant ce danger est écarté, il avait été meurtrier pour Seattle », la conférence ministérielle de l’OMC qui avait échoué en décembre 1999, a-t-il rappelé.

Source : AFP

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