Y a-t-il du gaspillage sur les fermes ?

En préparation d’un colloque sur la question – Cut waste, grow profit forum (Forum : réduisez les pertes, augmentez vos profits), des chercheurs du George Morris Centre de Guelph en Ontario ont tenté de mieux comprendre le phénomène du gaspillage de la nourriture. Les chercheurs sont formels : ce n’est pas à la ferme que les pertes sont les plus importantes. Mais tout de même…

Ainsi, 9 % des pertes ont lieu à la ferme, 18 % au cours de la transformation et de l’emballage, 3% pendant le transport et la distribution, 11% chez les détaillants, 8 % par l’industrie des services et… 51 % à la maison.

Ce portrait ne s’applique cependant qu’au Canada. Les chercheurs ont en effet relevé le fait que les sources de gaspillage dépendent de la richesse… Ainsi, dans les pays pauvres, c’est à la ferme que la plus grande part des pertes sont observées. Dans ces pays, les gens ont peu de moyens, achètent peu et consomment immédiatement. Tout le contraire du profil des nord-américains.

À la ferme

Selon les chercheurs, les pertes à la ferme sont attribuables à une mauvaise gestion des stocks, aux mauvaises conditions d’entreposage et à la manutention lorsque les aliments sont empilés pour le transport, notamment. Certaines recherches pointent également du doigt les pertes pendant les récoltes à cause d’une mauvaise utilisation ou du bris des équipements.

Évidemment, les conditions de marché contribuent également aux pertes à la ferme. La pression des détaillants est énorme. Lorsque les prix sont trop bas, certains choisissent parfois de laisser la récolte aux champs. Des pertes sont également encourues lorsque des détaillants reviennent sur leurs décisions d’achats ou lorsque des denrées sont rejetées à cause de leur apparence (lire à cet effet la décision d’une chaîne anglaise).

Pour réduire les pertes à la ferme, les chercheurs recommandent une meilleure coordination entre les maillons (détaillant, transformateur, etc.) et une meilleure efficacité de la réponse aux exigences du marché.

Plus que des déchets

Les chercheurs notent que pour avoir une évaluation juste des pertes, il faut également tenir compte des ressources investies pour produire les aliments jetés (eau, nutriments, essence sont autant de ressources gaspillées lorsque les aliments sont jetés au rebut). Les pertes réelles sont donc beaucoup plus élevées qu’il n’y paraît à première vue.

 

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