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50 ans de maïs en continu

Sylvain Payant, agr.
Gérant de territoire, Pioneer

À Ormstown, sur le bord de la rivière Châteauguay, Peter Finlayson et son épouse Eleonor obtiennent des rendements de maïs avoisinant les 12,5 Tm/ha. Ils ont toujours bien traité leurs 40 hectares et en retour, ceux-ci ont toujours été généreux.

Trois principaux facteurs expliquent ces rendements : les nouveaux hybrides de maïs (ils sèment des hybrides Pioneer depuis 37 ans!), le drainage souterrain et le climat plus chaud.

Pourquoi vous parler de M. Finlayson? Parce qu’il s’agit d’un homme ouvert d’esprit, qui a toujours été réceptif aux conseils agronomiques et qui pratique l’agriculture avec un bon jugement. Et surtout, parce que je crois que nous avons tous quelque chose à apprendre des agriculteurs qui ont du succès sans toujours faire comme les autres.

Peter Finlayson a été agriculteur toute sa vie. Il a abandonné l’élevage de porcs et de bovins laitiers il y a une dizaine d’années. Son choix de s’en tenir au maïs est essentiellement économique : il est équipé pour en produire et s’équiper pour une autre culture ne ferait que miner sa rentabilité.

Loin de moi l’intention d’encourager d’autres producteurs à la monoculture. Le cas de notre agriculteur d’Ormstown est unique et je suis persuadé que sur des terres moins riches que celles des berges de la rivière Châteauguay, il n’aurait pas connu ce même succès. Voyons comment il s’y est pris.

Zéro compaction
La terre en question n’a jamais subi de compaction. À ce jour, le plus gros tracteur de la ferme a 60 forces. La récolte a longtemps été faite à la casseuse, pour le séchage au crib. Ce n’est que l’an dernier qu’une moissonneuse-batteuse est venue, pour récolter la moitié du maïs.

Diplômé du Collège Macdonald, M. Finlayson fait son propre travail du sol. Il ne laboure jamais plus creux que six pouces de la surface. Ce travail permet d’incorporer les résidus de maïs, qui sont devenus très abondants avec les hybrides des dernières années. Les quatre à cinq tonnes de résidus de maïs à l’hectare créent une importante quantité de matière organique.

Traitée en douceur, sa terre s’enrichit et rend disponible au maïs les nutriments de façon particulièrement efficace. La fertilisation azotée atteint 170 unités. Des échantillons de sol sont prélevés et analysés à tous les trois ans. Pendant plusieurs années, les tests de sol avaient lieu à tous les ans, pour s’assurer que les taux de matière organique et la fertilité se maintiennent.

M. Finlayson n’a pas de problèmes de mauvaises herbes, ni d’insectes ou de maladies fongiques. Il a semé des refuges dans son maïs Bt et ne s’est jamais fié exclusivement sur le glyphosate pour contrôler les mauvaises herbes.

Vers 1975 à 1980, sa moyenne de rendement était de 5 Tm/ha. Pour les cinq dernières années, elle se situe à 12 Tm/ha. Sur une même terre, on peut suivre tout le progrès de la génétique du maïs! Depuis 30 ans, Pioneer fait des parcelles sur place pour déterminer les meilleurs hybrides.

Ses tracteurs et ses cribs sont des antiquités, dites-vous? Ce qui est bien plus important de retenir, c’est que notre producteur a toujours suivi l’essentiel des bonnes pratiques qui lui étaient recommandées, tout en cherchant à maximiser les aspects agronomiques et économiques de sa ferme.

Peter Finlayson demeure un agriculteur satisfait, fier d’avoir trouvé un modèle qui fonctionne à merveille sur sa terre. Et vous? Avez-vous trouvé votre modèle? Faites-vous tous les essais et tous les calculs pour vérifier si vous êtes sur la bonne voie?

à propos de l'auteur

La référence en nouvelles technologies agricoles au Québec.

Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs traite des tendances, des innovations et des dernières avancées en matière de cultures, d’élevages et de machinisme agricole dans le but de faire prospérer les entreprises agricoles d’ici.  

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