Info-clip élevages

Publié dans Le Bulletin des agriculteurs d’octobre 2010

Les bienfaits du sélénium; Les vaches biologiques sont plus à risque; Gardez les veaux avec maman; La Jersey : petite vache avec petite empreinte environnementale !; Un plastique sur les côtés vaut la peine
par Marie-Josée Parent, agronome, et Alain Fournier, agronome, M.Sc.

Les bienfaits du sélénium
Pendant des centaines d’années, le sélénium a été considéré comme une substance toxique. Vers 1295, Marco Polo a observé des malaises chez les chevaux après qu’ils aient mangé des plantes contenant de fortes doses de sélénium. Au fil des siècles, d’autres événements ont démontré les effets nocifs de cet élément. Ce n’est qu’en 1957 qu’on a révélé ses bienfaits. On a reconnu notamment au sélénium un rôle dans la prévention de la diathèse exsudative (oedème) chez le poulet et de la nécrose du foie chez le porc. Le sélénium a été peu après reconnu comme ayant un rôle préventif contre la dystrophie musculaire chez les veaux et les agneaux. L’ajout de sélénium comme supplément a été autorisé dans plusieurs pays, mais souvent avec une limitation de la dose. La donne a changé en 1993 lorsque Alltech a introduit le Sel- Plex, un supplément de sélénium dérivé de la levure Saccharomyces cerevisiae CNCM 1-3060. Le sélénium organique ouvrait la voie à une utilisation plus étendue et plus sécuritaire de cet oligo-élément essentiel. Aujourd’hui, le sélénium organique est notamment utilisé pour augmenter le taux de sélénium emmagasiné dans le jaune de l’oeuf et pour augmenter la fertilité des pondeuses.

Source : WorldPoultry.net

Les vaches biologiques sont plus à risque
L’alimentation selon le cahier de charge biologique ne semble pas permettre un bilan énergétique équilibré en hiver et un apport suffisant en protéines de qualité en été. Il en résulte une baisse de la production de protéine du lait par rapport aux troupeaux conventionnels. Telle est la conclusion d’un projet réalisé par le chercheur Vincent Girard de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et commandé par Valacta. Durant les étés 2007 et 2008, ainsi que les hivers 2008 et 2009, 104 profils sanguins ont été récoltés par huit cliniques vétérinaires dans douze troupeaux biologiques de la province de Québec.

Vincent Girard n’a pas de solution pour corriger les déficiences inexpliquées en cuivre. Pour contrer le manque de protéines toutefois, le chercheur recommande d’évaluer les moulées biologiques de façon à certifier le contenu en protéines protégées. L’apport énergétique déficient en hiver est plus compliqué à corriger. « Il semble qu’il y ait une incompatibilité entre le potentiel génétique de production des taureaux offerts en IA (insémination artificielle) et les contraintes alimentaires du mode de production biologique », suggère Vincent Girard.
Source : Outils et stratégies permettant d’augmenter le taux de fécondité et la qualité du lait des troupeaux laitiers biologiques, rapport disponible sur Agri-Réseau

Gardez les veaux avec maman
Avec les veaux qui naissent de plus en plus en mai et en juin, le spécialiste de l’élevage du bétail Barry Potter, du ministère de l’Agriculture de l’Ontario, suggère de les laisser sous leur mère jusqu’au début de l’hiver avant de les sevrer. Pour réduire les coûts, les producteurs ont intérêt à nourrir les couples vaches-veaux au pâturage de réserve durant l’automne. La période idéale pour la vente serait alors le mois de janvier ou le printemps suivant. L’article Laisser les bébés avec maman plus longtemps ! est disponible sur le site d’Agri-Réseau ou dans le numéro de juin 2010 de Le boeuf virtuel du MAAARO.
Source : Le boeuf virtuel du MAAARO

La Jersey : petite vache avec petite empreinte environnementale !
Une étude réalisée par Judy Capper de l’Université de l’État de Washington a démontré que la petite brune utilisait moins de ressources que la grande noire pour la production d’une même quantité de fromage cheddar.

Pour effectuer la comparaison, Judy Capper a utilisé dans son modèle des vaches Jersey de 455 kg produisant en moyenne 20,9 kg de lait par jour (4,8 % de gras et 3,7 % de protéine) et des vaches Holstein de 680 kg dont la production journalière était de 29,1 kg (3,8 % de gras et 3,1 % de protéine). L’étude a révélé que cette quantité de fromage nécessitait 8,5 % moins de vaches Holstein que de Jersey en raison de la production plus élevée de la Holstein. Par contre, les Jersey utilisaient 27 % moins d’eau et 23 % moins de superficies que les Holstein pour produire ce cheddar. De plus, l’empreinte environnementale de la Jersey en quantité de CO2 émis par unité de fromage produit était 18 % plus faible que la Holstein.

La richesse en composantes du lait de Jersey permettait de produire 12,5 kg de fromage par 100 kg de lait tandis que la Holstein en produisait 10 kg pour la même quantité de lait. Parmi les autres avantages de la Jersey, on retrouve un âge au premier vêlage plus précoce, puis un intervalle entre les vêlages plus court, ce qui réduit le nombre de sujets de remplacement et de vaches taries non productives.
Source: Dairy and Animal Science rencontre à Denver, juillet 2010

Un plastique sur les côtés vaut la peine
Plus personne ne questionne l’utilité de mettre un plastique sur le fourrage contenu dans un silo-couloir pour en préserver l’ensilage. L’ajout d’un plastique pour protéger l’ensilage localisé sur les côtés du silo est plus difficile à faire adopter en raison du surplus de travail que cela occasionne. Il ne faut pas oublier que l’ensilage sur les côtés est moins compacté et plus enclin à être mouillé par l’eau de ruissellement.

Des chercheurs de l’Université de l’État de Pennsylvanie ont vérifié l’avantage d’une telle pratique. Ils ont comparé les ensilages de dix silos-couloirs de fermes laitières couvrant leur ensilage sur les côtés et sur le dessus du silo à dix autres silos couverts seulement sur le dessus.

Les silos ont été échantillonnés à cinq endroits en partant du mur du silo. L’ensilage recouvert par un plastique sur les côtés et sur le dessus était plus sec en moyenne (31,8 % de matière sèche) que les ensilages recouverts seulement sur le dessus (29,5 %), ce qui n’est pas étonnant. De plus, la digestibilité des échantillons localisés près des parois était plus faible que ceux localisés au centre pour les silos recouverts d’un plastique sur le dessus seulement. Pour ces silos, les analyses indiquaient une moins bonne fermentation pour les ensilages localisés près des parois comparativement à ceux du centre du silo, indiquant ainsi une certaine détérioration de l’ensilage. Pour les silos recouverts d’un plastique sur les côtés et le dessus de l’ensilage, il n’y avait pas de différence statistique entre les échantillons sur les côtés et au centre pour la digestibilité et la fermentation.
Source: Dairy and Animal Science rencontre à Denver, juillet 2010

à propos de l'auteur

Commentaires