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La longueur de coupe n’a pas d’influence; Colostrum d’hier à aujourd’hui; Génome de la dinde; Vaccins PCV2 et SRRP; Porcs : le SRRP coûte des millions !
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de janvier 2011

par Marie-Josée Parent, agronome et Alain Fournier, agronome, M.Sc.

La longueur de coupe n’a pas d’influence
Des chercheurs de l’Université de l’État de Pennsylvanie, aux États-Unis, et de la Faculté  de médecine vétérinaire de l’Université de Bologne, en Italie, ont démontré que la  longueur de coupe n’affecte pas la fermentation du rumen, la production laitière et la composition du lait. Huit vaches Holstein fistulées, ayant eu un minimum de deux veaux  chacune, ont reçu des rations totales mélangées (RTM) comprenant du foin haché très  court, moyen, long ou très long (4,2 %, 34,1 %, 60,4 % et 77,6 % des particules étaient  respectivement plus longs que 26,9 mm). Le temps de rumination et le temps à manger  ont augmenté en fonction de la longueur des particules. L’ingestion alimentaire a diminué  avec l’augmentation de la longueur des particules. Aucune différence n’a été notée dans le  taux d’acides gras volatiles et d’ammoniaque (NH3) et peu de changement a été noté dans  le pH du rumen.

Source : Journal of Dairy Science

Colostrum d’hier à aujourd’hui
Le chercheur Jud Heinrich, de l’Université de l’État de Pennsylvanie, s’est intéressé dernièrement à la composition du colostrum produit par les vaches d’aujourd’hui. Le  colostrum de vaches Holstein de plusieurs fermes de Pennsylvanie a été utilisé aux fins de  cette étude. Les données ont été comparées à la composition du colostrum des années 1970.  Selon le chercheur, la teneur moyenne des composantes majeures ne semble pas avoir  changé depuis les quarante dernières années. Ce qui est frappant, c’est la grande variation  entre les valeurs minimales et maximales présentées dans le tableau ci-dessous.  Les colostrums contenant les plus faibles proportions de composantes ne suffisent pas pour  fournir des quantités adéquates de nutriments au veau et pour lui garantir un bon départ.

Certaines vaches produisent tellement de colostrum que les composantes s’en trouvent   diluées et ne suffisent pas à combler les besoins en énergie et en protéines du veau à sa  naissance. Pour pallier cette situation, il convient de récolter le colostrum dans les deux  premières heures suivant le vêlage, puisqu’il sera plus concentré en nutriments et en  anticorps.

Bien qu’il y ait eu plusieurs échantillons avec des valeurs très élevées en anticorps, de nombreux échantillons contenaient des teneurs extrêmement faibles en   immunoglobulines. La valeur moyenne de 47 mg par ml étant plus basse que le minimum requis de 50 mg par ml pour assurer au jeune animal une bonne protection. Avec ce  colostrum, un veau recevant les quatre litres prescrits dans les six premières heures de vie ne recevrait pas suffisamment d’anticorps pour lui assurer une protection adéquate contre  les infections. Les vaches qui donnent une quantité appréciable de colostrum (plus   de 7 kg) à la première traite complète ou qui perdent du lait avant le vêlage auront plus de  probabilité d’avoir un colostrum dont la teneur en immunoglobulines sera inadéquate.

Les minéraux et les vitamines (non présentés dans le tableau) sont beaucoup plus élevés de nos jours que les niveaux mesurés dans le colostrum de certaines études publiées il y a plus  de vingt ans. Cette situation s’explique par une meilleure alimentation des vaches taries et par une meilleure préparation au vêlage.

Dans une autre étude effectuée sur quatre fermes laitières du même État, les chercheurs ont découvert que les taures avaient un colostrum contenant une aussi bonne quantité d’anticorps que celui des vaches plus âgées. Le colostrum des jeunes vaches ne devrait donc pas être jeté en raison du jeune âge de l’animal, tout comme prescrit auparavant. L’achat d’un colostromètre pour mesurer la qualité du colostrum au vêlage devrait faire partie  intégrante du programme d’élevage de tout bon éleveur. Puisque ce test peut se faire   facilement et rapidement, il n’y a pas de raison valable de s’en passer.

Génome de la dinde
Le génome du dindon vient d’être mis à jour par une équipe de 68 chercheurs de 28  nationalités. « La réalisation du projet prouve la rapidité avec laquelle le domaine du  séquençage génomique a changé », explique Julie A. Long, chercheuse au Agricultural  Research Service des États-Unis. « Nous avons séquencé le génome du dindon en moins  d’un an, à une fraction du coût du séquençage des génomes du poulet et de la vache.  L’industrie du dindon et les consommateurs vont tirer profit de cette recherche. »
Source :  Agricultural Research Service

Vaccins PCV2 et SRRP
Plusieurs praticiens sont inquiets de l’efficacité du vaccin du PCV2 en cas d’épisode de  SRRP. Dans une récente étude, dirigée par le Collège de médecine vétérinaire de l’État de  l’Iowa, des porcelets de trois semaines d’âge, négatifs au PCV2, mais porteurs d’anticorps,  ont été soit vaccinés à l’un des trois vaccins commerciaux contre le PCV2, soit ils n’ont  reçu aucun vaccin. Une partie des porcelets ont été contaminés avec le virus du SRRP une semaine avant de recevoir le vaccin contre le PCV2. Pour vérifier l’efficacité du vaccin, les  porcelets ont été mis en contact avec le virus du PCV2 à l’âge de huit semaines. Les  chercheurs ont conclu que l’épisode de SRRP n’a pas d’impact sur l’efficacité du vaccin  contre le PCV2.
Source : PubMed

Porcs : le SRRP coûte des millions !
Le syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) coûte au moins 130 millions de  dollars par année à l’industrie porcine canadienne, estiment les chercheurs du George  Morris Centre, à Guelph, en Ontario. Ces pertes ont été calculées en examinant la  diminution des gains de poids journaliers, le taux de conversion alimentaire plus faible et la mortalité causée par la présence du SRRP dans les troupeaux.

Aux États-Unis, des études  ont chiffré à 550 millions de dollars les coûts du SRRP pour  l’industrie. Le chercheur Al Mussel rapporte qu’à ce jour, les producteurs canadiens ont  utilisé trois approches pour contrôler le SRRP : vacciner, laver complètement un bâtiment vidé de ses animaux ou tout simplement vivre avec la maladie.

Le George Morris Centre a été mandaté par le Conseil canadien de la santé porcine pour analyser les occasions de contrôler et possiblement d’éradiquer le SRRP. Selon Al Mussel,  des efforts pour éliminer le SRRP ont donné de très bons résultats au Minnesota, dans  plusieurs provinces canadiennes et en France. Au Chili, le SRRP a été éradiqué.
Source : Farmscape.ca

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