InfoClip Élevages

Psychologie des bovins; Recherche sur les truies gestantes en groupes; Résistance de Salmonella enteritidis; Un manque de sucre favorise les métrites; Un c’est bon, deux c’est mieux !
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de décembre 2010

par Marie-Josée Parent, agronome, et Alain Fournier, agronome, M.Sc.

Psychologie des bovins
Une étude de l’INRA, en France, a démontré que l’analyse de la réactivité émotionnelle des bovins dans les élevages pourrait permettre de prédire leur état de stress lors de l’abattage. Pendant l’élevage, les bovins ont été caractérisés selon leur comportement et leur fréquence cardiaque dans trois contextes : dans un environnement non  familier, isolé du groupe et exposé à l’homme. Les animaux ont été abattus trois semaines plus tard. Les résultats de l’étude ont démontré que l’exposition à l’homme a  occasionné le plus de stress. Plus l’animal était stressé et plus sa fréquence cardiaque à l’abattage était élevée et plus son métabolisme musculaire post mortem  (température, pH) était rapide.

Source : Vigie-viande.info

Recherche sur les truies gestantes en groupes
Les truies gestantes logées en stalles, mais ayant la liberté de sortir à tout moment pour accéder à une zone commune de liberté, profitent de façon très variable de cette  liberté. Le chercheur Harold Gonyou, du Prairie Swine Centre, a observé que durant toute la gestation, 95 % des truies quittent leur stalle, mais 40 % des truies le font  moins de 2 % de la journée. À tout moment, 20 % des truies étaient à l’extérieur des stalles et il s’agissait des truies les plus âgées. Le chercheur émet deux hypothèses pour  expliquer ce fait : 1. Est-ce que les truies plus jeunes demeurent dans les stalles pour se protéger des truies plus âgées ? On parle alors d’effet dominant-dominé. 2. Est-ce  que les stalles de 26 pouces (66 cm) de large sont trop étroites pour les truies plus âgées? Les truies en sortiraient alors pour une question de confort.
Source : Farmscape

Résistance de Salmonella enteritidis

Les souches de la bactérie Salmonella enteritidis présentes chez la volaille ont un taux élevé de résistance aux antibiotiques. C’est ce que des chercheurs coréens ont  découvert. Quarante-six souches de Salmonella enteritidis ont été isolées de la viande, des fèces et de coquilles d’oeufs de poules de reproduction en Corée. Toutes les souches  ont démontré une résistance à au moins un des 21 antibiotiques utilisés dans cette étude, 30 (65,2 %) étaient résistantes à au moins trois antibiotiques et un  isolat a démontré une impressionnante résistance à 15 antibiotiques. Les principales résistances notées ont été pour les antibiotiques suivants : pénicilline, sulfisoxazole, streptomycine, tétracycline et quinolones. Ces résultats préoccupent l’équipe du chercheur Jin Hur du College of Veterinary Medicine and Bio-Safety Research Institute,  de la Chonbuk National University, en Corée. «La présence de ces gènes suggère que ces souches peuvent augmenter les problèmes de santé publique si elles sont dispersées  dans la population humaine en général», peut-on lire dans le résumé du rapport.
Source : The Veterinary Journal

Un manque de sucre favorise les métrites

Les métrites ou infections utérines cliniques et les métrites subcliniques, requérant une analyse des cellules utérines pour être détectées, sont des maladies métaboliques  importantes. Elles affectent la performance reproductive des vaches en allongeant la durée entre le vêlage et la première saillie, augmentant également le nombre  d’inséminations, ce qui retarde la conception et peut mener à la réforme de l’animal. L’analyse du vêlage de 80 vaches d’un troupeau commercial par une équipe de  l’Université Cornell a permis d’identifier vingt vaches (25 %) ayant une métrite clinique et quinze autres (19 %) avec une métrite subclinique. Les vaches qui ont  développé ces infections avaient un bilan énergétique plus négatif et mobilisaient plus de graisse de réserve que les quarante-cinq vaches en santé.

Par ailleurs, les 80 vaches de cette expérience ont toutes subi une baisse des réserves de sucre de leurs globules blancs (neutrophiles) au cours des trois premières semaines   suivant le vêlage. Ce phénomène serait lié à la baisse de l’activité du système immunitaire observé au cours de cette période. Les neutrophiles sont responsables   de l’élimination des bactéries de l’utérus. Par contre, les vaches atteintes d’une infection utérine ont souffert d’une plus grande dépression des réserves de sucre de leurs globules blancs que les vaches en santé. Des stratégies permettant de réduire le stress durant la période entourant le vêlage et un meilleur suivi alimentaire  pour réduire la perte de poids pourraient aider à réduire les métrites.
Source : Journal of Dairy Science, juillet 2010

Un c’est bon, deux c’est mieux !
Les veaux sont séparés tôt de leur mère après la naissance pour éviter la transmission de certaines maladies. Ils sont logés individuellement dans un enclos ou une huche.  Peu de chercheurs se sont penchés sur les avantages pour le jeune animal de pouvoir socialiser avec ses compères. Pourtant, une étude récente réalisée à l’Université de  Colombie-Britannique indique qu’il serait bénéfique de les élever par groupe de deux pour leur permettre d’échanger.

Vingt-sept veaux ont été gardés en enclos individuel durant les quatre premiers jours de leur vie. Puis, ils ont été séparés pour être élevé seul (neuf veaux) ou en groupe de  deux (neuf groupes). Les animaux étaient alimentés avec du lait pasteurisé deux fois par jour via un seau muni d’une tétine. Ils avaient également libre accès à de l’eau, un concentré et du foin. Le sevrage a débuté graduellement à partir de 35 jours d’âge.

Durant la période d’allaitement, les veaux groupés ont consommé 60 % plus de concentré par jour que les veaux logés seuls. Les veaux en paire ont également vocalisé deux fois moins au jour du sevrage (jour 49) que les autres. Ils ont tous été regroupés au jour 56 et observés pendant deux semaines. Les veaux qui avaient été élevés en groupe visitaient plus souvent le distributeur automatique de concentré et mangeaient presque 50 % plus de concentré que les veaux qui étaient seuls avant le sevrage. Le gain de ces derniers était également plus faible que les veaux élevés en paire.
Source : Journal of Dairy Science, juillet 2010

à propos de l'auteur

Commentaires