La chaux, à la mode de 2013 (suite et fin)

2. Tirer avantage de la technologie des taux variables
La technologie des applications à taux variables n’est pas nouvelle. Mais s’il y a un amendement pour laquelle elle a fait ses preuves, c’est bien la chaux. La réponse est directe et mesurable.

« Aujourd’hui, nos champs sont de plus en plus grands et ils présentent nécessairement une grande variabilité. La géomatique peut nous aider à gérer cette variabilité », affirme l’agronome Jacques Nault, chez Logiag.

Selon la méthode traditionnelle, on prélève des échantillons de sol dans un champ, puis on les mélange pour obtenir un échantillon représentatif. « Si le pH est à 6,5, on pourra recommander d’appliquer 2,5 tonnes de chaux à l’hectare, illustre Jacques Nault. Cependant, la réalité de ce champ, c’est que des zones n’ont besoin d’aucune chaux, alors que d’autres en ont besoin du double. »

Certains producteurs s’en tirent très bien sans chauler à taux variable, reconnaît Louise-Marie Cloutier, agronome chez William-Houde. D’autres le font depuis 15 ans, de sorte qu’il n’y pratiquement plus de variabilité dans le pH. « D’un point de vue agronomique, les taux variables sont la bonne chose à faire, affirme-t-elle. Sinon, il y aura des zones sous-chaulées, d’autres surchaulées et d’autres avec la bonne dose. »

De nos jours, la plupart des transporteurs de chaux offrent le service d’épandage à taux variable, souvent sans frais additionnels. Le coût supplémentaire provient plutôt du nombre d’échantillons de sol à faire analyser.

Les résultats de ces analyses peuvent servir à établir des zones de gestion. Avec les services de géomatique d’une coopérative ou d’un centre de grains, on peut raffiner les contours de ces zones à l’aide d’images satellites ou de cartes de pédologie. Dans un même champ, il y aura plusieurs zones présentant une certaine homogénéité, chacune recevant non seulement une dose de chaux sur mesure, mais éventuellement aussi une fertilisation ou un choix de semences qui lui seront propres.

En chaulant à taux variable, on se trouve à ne pas circuler pour rien dans les parties d’un champ dont le pH est déjà adéquat, ce qui réduit la compaction, souligne Louise-Marie Cloutier. « Un 30 tonnes de chaux peut être épandu partout ou on peut le mettre seulement à la bonne place. Le volume sera le même, mais il aura été mieux réparti. »

3. Maximiser l’efficacité des intrants
Le prix des grains a beau être élevé, les prix des engrais et de la semence le sont aussi. Dans ce contexte, on veut maximiser le retour sur l’investissement pour chacun des intrants.

Un chaulage régulier et un bon pH aident la plante à croître sans que l’acidité du sol nuise à son développement. Le pH idéal contribue aussi à rendre les engrais minéraux disponibles à la plante. Comme le suggère le tableau en page X, ce n’est qu’aux alentours d’un pH de 7 qu’à la fois l’azote, la potasse et le phosphore deviennent entièrement disponibles.

« La chaux est le premier amendement à apporter et il répond rapidement, affirme François Labrie, agronome spécialisé en maïs et soya à La Coop fédérée. On peut essayer de corriger d’abord nos niveaux de potasse ou de magnésium, mais si le pH est trop bas, ça ne marchera pas. »

Appliquer de la chaux régulièrement est tout à fait essentiel, surtout au Québec, où nos sols ont tendance à s’acidifier naturellement. De plus, chaque apport d’azote, qu’il soit minéral ou organique, contribue à acidifier le sol, rappelle François Labrie.

L’abondance de résidus après une récolte de maïs est une autre bonne raison d’avoir un pH presque neutre. Entre 6 et 7, ce sont les bactéries qui sont favorisées, explique Anne Vanasse. Dans un sol plus acide, ce seront les champignons qui prendront le dessus. « Si on vise une bonne minéralisation de la matière organique ou une bonne activité microbiologique, l’idéal est un pH proche de la neutralité. »

Lisez l’article au complet (cinq avantages) dans Le Bulletin des agriculteurs de février 2012.

 

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