Le très réel « effet rotation » : résultats de recherche

Effet sur le carbone organique du sol

Une étude de la chercheuse Katelyn Congreves et ses collèges, qui s’est conclue en 2014 en Ontario, a démontré que plus il y a de variété dans la rotation, plus il y a augmentation du taux de carbone organique dans le sol. Au fil de la saison, ce dernier se transforme en azote disponible aux cultures. De l’azote à libération lente gratuit!

En passant d’une monoculture de maïs à une rotation maïs-soya, les chercheurs ont constaté une diminution du carbone organique. Par contre, dès qu’on ajoutait du blé à la rotation, ou même de la luzerne, les augmentations de carbone organique étaient significatives.

Effet sur la santé des racines

Les chercheurs Stéphan Pouleur et André Comeau, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, ont bien démontré l’effet des rotations sur la santé des racines en cultures commerciales, effet qui se reflète sur les rendements. Moins il y a de diversité dans la rotation, plus il y a de pourriture des racines et plus elles ont de difficulté à prélever les nutriments.

Leurs essais menés de 2004 à 2011 ont révélé des racines de maïs clairement plus vigoureuses et en santé la cinquième année d’une rotation diversifiée (blé–maïs–soya–blé-maïs ) que lors d’une rotation peu diversifiée (maïs-maïs-soya-maïs-maïs). Ils ont aussi constaté que la rotation la plus avantageuse pour les rendements de maïs était « maïs-soya-blé-maïs »

Effet sur le rendement

Le chercheur Bill Deen et ses collègues de l’Université de Guelph, en Ontario, ont clairement démontré qu’en ajoutant du blé dans une rotation, les rendements de maïs et de soya augmentent.

De 2009 à 2012, ils ont comparé des rotations maïs-soya à des rotations maïs-soya-blé. Sur les quatre années d’essais, la présence de blé dans les précédents culturaux s’est traduite par les augmentations de rendement de maïs suivantes : +18,7 %, +19,2 %, -1,3 % et +12,2 %.

Dans le cadre de ce même projet de recherche, la présence de blé dans la rotation a eu un effet positif très constant sur les rendements de soya : +9,0 %, +9,5 %, +11,3 % et + 10,3 %.

Plus près de chez nous, à Beloeil, les chercheurs du CÉROM ont constaté qu’entre une monoculture de maïs et une rotation maïs-soya-blé sur six ans, il y avait de nettes différences de rendement de maïs : + 14 % en travail de sol conventionnel et + 19 % en semis direct. D’autres études ont aussi démontré qu’en semis direct, la variété dans la rotation a un effet plus important sur les rendements qu’en travail de sol conventionnel.

À lire aussi :  Calculer l’effet rotation

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