L’épandage de fumier sur les nouvelles prairies: gare aux dommages!

*Chaque année, je suis agacé par la présence d’épandeurs de fumier dans des prairies fraichement implantées. Quelle malencontreuse pratique de fertilisation ! Sur cette question, les chercheurs sont pourtant clairs. Même sur les prairies établies depuis plus d’une année, la compaction menace. Si les conditions sont inadéquates, la pression exercée par les pneus des épandeurs écrasera les pores du sol, réduira les infiltrations d’eau et entravera le développement des racines. Mais plus sérieux encore seront les dommages infligés aux tiges des jeunes plantules de luzerne.

Regardez la photo ci-jointe. Celle-ci a été prise 10 jours après la coupe.

Aucun passage n'a eu lieu sur la photo de gauche alors qu'il y a eu passage sur la photo de droite, 5 jours après la fauche. Source: Guy Forand

Aucun passage n’a eu lieu sur la photo de gauche alors qu’il y a eu passage sur la photo de droite, 5 jours après la fauche.
Source: Guy Forand

Sur la partie de droite, un passage de roue a été effectué 5 jours après la coupe alors que la partie de gauche n’a reçu aucun passage. À titre d’indication, les chercheurs ont établi la réduction de rendement due au passage de la machinerie à 6% pour chaque jour de délai d’application après une coupe**. Ainsi, un passage 5 jours après une fauche réduira les rendements de 30%.

Utiliser judicieusement vos fumiers
Personnellement, je recommande qu’une généreuse dose de fumier soit appliquée et incorporée au sol avant le semis de la prairie. Si les besoins nutritifs ne sont pas comblés par cet apport, je propose un complément de fertilisation avec de l’engrais minéral appliqué après la première coupe. Le printemps suivant, je recommande une application hâtive d’engrais minéral plutôt qu’une application de fumier. L’idée est d’éviter de faire circuler l’épandeur sur les sols humides du printemps et de faire décoller la prairie le plus rapidement possible.

Par la suite, pas de problème. On peut y aller avec le fumier après les coupes. Les plantules auront fait place à des plants bien développés qui résisteront mieux aux passages des épandeurs de fumier.

*Texte de Guy Forand, de Bélisle Solution Nutrition, réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères: http://www.cqpf.ca/.

**Référence : Undersander D., 2008. Minimizing wheel traffic damage to alfalfa. Focus on Forage. Vol 10: No 3. Wisconsin team forage.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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