Les 5 pièges de la construction

Que ce soit pour la construction d’un poulailler, d’une étable ou d’une structure d’entreposage à fumier, il est facile de faire les mauvais choix. Voici les cinq principaux pièges à éviter lors de la construction d’un bâtiment agricole.
par Marie-Josée Parent, agronome

Président et directeur général de Consumaj Experts Conseils, l’ingénieur agronome Jean-Denis Major connaît bien les pièges qui guettent les producteurs lors de la réalisation d’un projet de construction. L’entreprise se spécialise notamment dans le génie agricole et environnemental. Elle offre un service clé en main lors de l’élaboration et de la réalisation de projet. Elle peut aussi être appelée à enquêter sur des causes de sinistres ou d’accidents.

1. Budget initial
Une construction représente une somme colossale, souvent dans les centaines de milliers, voire dans les millions de dollars. Il est facile de sous-évaluer la quantité de matériaux à utiliser ou d’oublier d’inclure un aspect important de la construction, surtout si on gère le projet soi-même. Lisez bien chaque soumission. Est-elle complète ? Y a-t-il des frais non inclus, comme la livraison ? Il est hasardeux de comparer avec un voisin puisque chaque projet comporte ses particularités. De plus, il est impensable de comparer avec un projet semblable élaboré dix ans plus tôt. Les prix peuvent fluctuer.

2. Autoconstruction

Le domaine agricole fait bande à part en matière de construction puisqu’il est le seul où les cartes de compétence ne sont pas exigées. « En agriculture, n’importe qui peut s’improviser menuisier », précise Jean- Denis Major. Lorsqu’un producteur agricole engage lui-même les entrepreneurs ou les menuisiers, on parle d’autoconstruction. Le problème, c’est que le producteur n’a pas l’habitude de construire, ce n’est pas sa spécialité. De plus, les règles sont maintenant tellement complexes qu’il est facile d’oublier des aspects monétaires et légaux importants. Comment allez-vous être certain d’avoir payé le juste prix ? Êtes-vous certain de la qualité de la construction ?

3. Assurance
Avez-vous pris une assurance chantier ? Qu’adviendra-t-il si un sinistre survient durant la construction ? « Je recommande de prendre une bonne assurance chantier qui couvrira tous les travaux contre le feu, le vol et le vandalisme », suggère Jean-Denis Major. Des clauses parapluie peuvent couvrir tous les intervenants. Chaque compagnie d’assurance a une approche différente de l’autre. Il vaut mieux magasiner.

4. Hypothèque légale
Une hypothèque légale donne le droit à un entrepreneur ou à un fournisseur de saisir votre bâtiment ou votre terrain s’il n’a pas été payé dans un projet antérieur. Par exemple, vous construisez un poulailler et celui qui coule la fondation n’a pas payé le fournisseur de béton ? Eh bien, ce dernier peut avoir recours à l’hypothèque légale pour saisir votre poulailler. « C’est inscrit dans le nouveau Code civil de 1994, explique Jean-Denis Major. Peu d’entrepreneurs y avaient recours jusqu’à maintenant, mais ça s’en vient. » La solution est de s’assurer, durant les travaux, que tous les entrepreneurs engagés paient leurs fournisseurs.

5. CSST
Saviez-vous que la CSST peut exiger que vous payiez les primes pour des chantiers qui n’ont pas été réalisés chez vous ? En effet, si l’entrepreneur que vous engagez a des arrérages en matière de primes de CSST, cet organisme peut exiger que vous les payer. Pour éviter ce genre de problème, il faut exiger, lors de la signature de tout contrat avec un entrepreneur, qu’il vous fournisse une « attestation de conformité de la CSST ». Le formulaire est disponible sur le site de l’organisme.

Sites Web en lien avec cet article :
www.consumaj.com
www.avocat.qc.ca
www.csst.qc.ca

Description des photos
Les photos sont publiées dans le magazine imprimé
1. Quelle mauvaise surprise que de voir sa construction s’effondrer par manque de contreventements ! Un contreventement est un système qui assure la stabilité globale d’un ouvrage en cas de vent, de séisme ou de toute une autre pression sur l’ouvrage.
2. En cours de rénovation, cette étable s’est effondrée, causant la mort d’un ouvrier.
3. Le mauvais choix de matériaux, comme l’uréthane pour isoler dans ce cas-ci, peut provoquer une usure prématurée du bâtiment.

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