Maïs à taux variables (suite et fin)

Des taux pour chaque hybride

Monsanto a débuté cette année aux États-Unis le déploiement de l’outil FieldScripts. Le résultat de nombreuses années de recherche sur les hybrides Dekalb permet de modéliser leur comportement selon le taux de semis, le type de sol, sa fertilité et d’autres facteurs liés à la régie, explique Stéphane Myre, agronome.

« Nous avons développé des algorithmes qui sont utilisés pour arriver à recommander un hybride spécifique à un taux de semis spécifique selon la zone de champ », rapporte Stéphane Myre. Le producteur doit fournir ses données de rendement et ses analyses de sol. En combinant des calculs informatisés aux connaissances d’un conseiller, on arrive à une prescription de semis à taux variables.

Des essais pour caractériser des sols et les soumettre à différents taux de semis seront effectués au Québec en 2015, mais le lancement de FieldScripts chez nous n’est pas encore prévu.

Types de sol

Les terres lourdes sont généralement plus fertiles et les sols légers souvent plus pauvres, mais on ne peut pas se baser principalement sur les types de sol pour formuler des recommandations de taux se semis, soutient Stéphane Myre. « Il y a des sables plus fertiles, d’autres qui retiennent mieux l’eau. Certains sols tendent à se compacter, d’autres conservent bien leur structure. Plus le taux de matière organique est élevé, meilleure est la structure et la fertilité, ce qui influe sur le drainage et la sensibilité à la compaction. Tout est interrelié. »

Monsanto a choisi de commercialiser d’abord FieldScripts pour les taux de semis variables, avant de proposer un outil pour l’azote à taux variable. Maintenant propriétaire de Climate Corporation, Monsanto offrira d’ici quelques années des outils qui permettront d’ajouter le facteur météo aux recommandations de semis et de fertilisation à taux variables.

La Coop fédérée planche elle aussi sur une plate-forme informatisée qui permettra de jumeler les données en provenance du champ à des images satellites pour générer des cartes de semis et de fertilisation azotée à taux variables.

« Nous travaillons fort à développer des équations qui fonctionneront dans à peu près toutes les situations, dit Pascal Larose. Nous croyons que le semis à taux variable doit être combiné à une dose d’azote qui elle aussi sera variable. C’est très complexe, surtout quand on voudrait tenir compte de la variabilité de la météo. »

Réaliser des semis de bonne qualité, améliorer le drainage et l’égouttement des champs, réduire la compaction et fractionner l’azote sont toutes des démarches qui donneront de plus gros grains de rendement que le semis à taux variable. Mais une fois la base maîtrisée, les prochains ajustements payants se trouvent du côté de la gestion de la variabilité.

Cet article est un extrait de l’article Maïs et soya à taux variables, publié dans Le Bulletin des agriculteurs de novembre 2014.

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