Réponse d’Alice Ber

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Q. – J’ai 17 ans, douée de défauts et de qualités. Je remercie chaque jour Dieu de m’avoir donné de si bons parents que j’aime de tout mon coeur et de m’avoir fait la grâce de vivre sur une ferme. J’ai eu du chagrin de quitter l’école à 12 ans pour aider mes parents aux champs et aux bâtiments, mais j’aime tellement ce travail qui est une joie: conduire le tracteur, la moissonneuse, etc. « Dans tous les Cantons, y a des filles »… aussi je rêve d’avoir un époux, des enfants, en un mot, un foyer chrétien. Mais je voudrais pouvoir travailler encore sur les machines agricoles, c’est ma vie. Je n’ai pourtant pas l’allure d’un garçon et je ne porte que des robes. Pour me taquiner, maman m’appelle « sa fille manquée ». Suis-je une fille avec un esprit garçonnier?

R. – Il ne faut pas t’inquiéter m’amie, même si le travail de ferme est moins féminin que l’art culinaire et la couture. Tu seras une femme forte et gentille, comme celle de l’Évangile. Cet attachement à ton cadre rural, à ces travaux des champs est un goût à la fois inné et cultivé, tu pourras les continuer plus tard, pour aider ton mari, à certaines périodes si tu épouses un bon cultivateur. Tel est certainement ton désir. Ne t’inquiète pas, tu restes féminine, puisque tu sais choisir la robe et la préférer à la culotte même pour les travaux des champs. Sois aussi féminine dans tes gestes, tes paroles, et tu seras une « femme dépareillée » selon la si belle expression. Il est dommage que tu aies quitté l’école si jeune, mais pourquoi ne pas poursuivre tes études par correspondance ? Bonjour, mes meilleurs voeux pour ton avenir.

Source: Le Bulletin des agriculteurs, décembre 1964

 

Q. – J’ai une fille de 21 ans qui a bien des amis de garçons. Elle fait des projets pour aller se baigner l’été prochain et demande un costume de bain moderne. Elle dit qu’elle en a assez d’aller sur les plages en jupe de coton. Ses sœurs aînées ne sont jamais allées se baigner avec les garçons, elles sont mariées et heureuses. Je permettrais qu’elle se baigne entre filles, mais partir en maillot, avec des garçons, en automobile le dimanche après-midi, je ne puis tolérer cela. C’est un sujet de discussion à la maison, veuillez nous éclairer.

R. – C’est un gros problème, et je réagirais comme vous. Mais il y a le point de vue des jeunes à écouter, à étudier. S’ils étaient tous purs, si les garçons étaient respectueux de la vertu des filles, et les filles pudiques et réservées, le danger n’existerait pas. Il faut lutter contre les tentations, il faut s’en garder. Aller à la plage c’est un des plus grands plaisirs de l’été. Si les jeunes gens n’ont pas de mauvaises intentions, ils accepteront la surveillance, alors il serait mieux de permettre que de défendre. Il y a des maillots de bain plus convenables les uns que les autres, des jupes ou de jolis mantelets qui les recouvrent quand on sort de l’eau et qui font très chic.

Les temps changent, chère maman soucieuse de la beauté des âmes de vos enfants. Si votre fille peut comprendre qu’il y a danger, et qu’elle sait garder ses distances, imposer le respect, si elle a le grand souci de rester pure, elle peut se baigner même en compagnie masculine et donner le bon exemple.
Les allées et venues en automobile sont autant, et plus dangereuses. Il restera toujours que les jeunes qui veulent mal se conduire en trouveront facilement les occasions, et que, inversement, si on a des principes à toute épreuve, la crainte du péché, la fierté de soi, on peut, avec la grâce de Dieu, frôler la fange sans se salir.

Source: Le Bulletin des agriculteurs, juin 1962

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