Thérapie par l’eau

Le Centre hospitalier universitaire vétérinaire de Saint-Hyacinthe se transforme en centre de santé pour vaches. Une piscine est mise à la disposition des bovins incapables de se lever. Une véritable aquathérapie !

Nous sommes à l’Hôpital vétérinaire pour animaux de ferme de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe. En ce lundi matin, une vache est étendue dans son enclos. Rien ne pourrait la convaincre de se lever. La cause ? Une mammite aiguë l’a affaiblie. Le calcium sanguin a grandement diminué. L’injection de calcium ne suffit pas. Il faut agir rapidement avant que ses muscles et ses nerfs ne s’endommagent trop sous son poids de 650 kilogrammes. Le professeur titulaire en chirurgie bovine André Desrochers choisit de lui faire prendre un bain pour l’aider à se lever.

Pas aisé de mettre à l’eau un animal de cette taille ! Heureusement, l’hôpital dispose d’animaliers qui font basculer doucement la vache sur un panneau recouvert d’un tapis. Un système de poulies soulève le tout afin de diriger l’animal vers la piscine. Le réceptacle en acier inoxydable est ouvert à l’avant et à l’arrière pour permettre de bien placer la vache.

Lorsqu’elle est installée, les portes avant et arrière sont mises en place et verrouillées. Les 3000 litres d’eau chauffée à 40 oC sont ajoutés rapidement. À l’aide d’un licou, l’animalier s’assure que la vache garde les narines hors de l’eau. Une fois la piscine remplie, la vache se lève sur ses membres, aidée par l’effet d’apesanteur procuré par l’eau. Le liquide aide la vache à se tenir debout et à délier ses membres endoloris.

La tâche n’est pas aisée. La veille, la même vache avait refusé de se lever. La piscine n’est pas une solution miracle, expliquent André Desrochers et son collègue Gilles Fecteau, professeur titulaire en médecine bovine. Il s’agit d’un outil de plus mis à la disposition du médecin vétérinaire.

Un outil de diagnostic

La piscine est plus qu’un outil thérapeutique. « Les médecins vétérinaires s’en servent pour faire le diagnostic », explique le distribu- teur pour l’Amérique du Nord de l’Aqua Cow Rise System, Sandy Ingraham. Le vétérinaire observe le comportement de l’animal dans l’eau. « En mettant l’animal dans la piscine, on peut identifier rapidement le membre qui est affecté », illustre Gilles Fecteau.

Ce matin-là, la vache vacillait dans la piscine et refusait de manger. Visiblement, elle ne se sentait pas bien. La visite dans l’eau a été de courte durée. Il faudra recommencer le lendemain. C’est pourquoi les vétérinaires de l’hôpital suggèrent à leurs clients une théra- pie de trois jours. Autre utilité du séjour dans l’eau : l’établissement d’un pronostic précis. Lors de l’observation de la vache en piscine, le vétérinaire a une meilleure idée des chances de guérison.

L’élément à retenir est donc le suivant : si un animal a de la difficulté à se lever, il faut contacter son médecin vétérinaire. C’est lui qui recommandera l’utilisation d’une piscine, après l’examen global complété et parfois même les analyses sanguines effectuées. La principale cause de son utilisation est les problèmes métaboliques et leurs conséquences. Viennent ensuite les douleurs musculaires et les maladies aiguës, comme une métrite ou une mammite. Il faut toutefois régler les problèmes à la base avant de songer à mettre la vache à l’eau, comme rétablir le calcium sanguin. Toutefois, si la mise en piscine est envi- sagée, plus la décision sera prise rapidement, plus les chances de guérison de la vache seront grandes.

*Article rédigé par Marie-Josée Parent.

*À noter que cet article n’est pas complet. La version intégrale est publiée dans Le Bulletin des agriculteurs, édition février 2011.

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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