Une entreprise centenaire (suite et fin)

Grippe aviaire et diversification
En 2004, la grippe aviaire frappe en Colombie-Britannique et les frontières se ferment. « On vendait beaucoup au Japon et au Mexique, raconte Claude Trottier. Du jour en lendemain, nous avons perdu 35 % de nos ventes, pour un cas de grippe aviaire à 5 000 km d’ici! »

IMG_7951Cette épreuve imprimera une nouvelle direction à l’entreprise. « On ne voulait plus dépendre de situations qu’on ne contrôle pas, explique Claude Trottier. On s’est mis à travailler sur le marché du Québec et à rendre le produit le plus accessible pour tout le monde. »

Débute alors un « travail de missionnaire » : faire connaître et adopter la viande de canard par les consommateurs québécois. Dégustations, promotions, diffusion de recettes, un site Internet… Aucun moyen n’est négligé pour faire connaître les nouvelles découpes et les produits prêts à consommer de Canards du Lac Brome. L’opération est un tel succès qu’aujourd’hui, 80 % des ventes sont réalisées au Québec.

Le confit de cuisses de canard demeure un grand vendeur, mais la gamme s’élargit : saucisses, rôti, poitrines séchées et fumées, rillettes et pâtés frais, gras de canard fondu, sauce bolognaise… Pour le centième anniversaire, on lance deux poitrines de canard marinées, saveurs BBQ hickory et Oranges confites et trois poivres.

L’ensemble des produits est disponible à la boutique à la ferme de Knowlton, ainsi qu’à la boutique Le Canard libéré, espace gourmand, boulevard Saint-Laurent à Montréal. Les produits les plus populaires se retrouvent dans toutes les grandes chaines d’épicerie au Québec.

« C’est un produit haut de gamme et de haute qualité, mais dont le prix de vente est très raisonnable, affirme Claude Trottier. Le prix se compare à celui de l’agneau, du veau ou de certaines coupes de bœuf. »

Les coûts de production demeurent plus élevés que dans les autres volailles. Les canards adorent jouer avec l’eau. Il faut leur offrir de la ripe neuve tous les jours et bien contrôler l’humidité dans l’air. Et contrairement aux autres filières avicoles, Canards du Lac Brome doit mener elle-même sa recherche et son développement, de l’amélioration génétique jusqu’aux techniques d’abatage.

Le canard de Pékin n’est pas gavé et il ne sert pas à fabriquer du foie gras, nous assure Claude Trottier. Les oiseaux sont abattus à 42 jours, pesant autour de 3,2 kg. Le taux de conversion alimentaire se situe à 2,2.

Avec quelque 200 employés, la production s’est hissée à 2,2 millions de canards par année, sans achat de quota! Sans gestion de l’offre, par contre, l’entreprise s’expose à la concurrence des importateurs, qui profitent du fait que les consommateurs commencent à connaître le canard.

Au cours des prochaines années, Canards du Lac Brome continuera à renforcer sa marque centenaire, au Québec et de plus en plus dans les autres provinces. Toronto, Calgary, Vancouver s’apprêtent à découvrir le canard le plus réputé au pays!

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